(LVDE) — La Cameroon Development Corporation (CDC), grande entreprise agro‑industrielle publique, a annoncé un plan d’investissement de 2,4 milliards FCFA pour relancer et renforcer sa production de bananes à Tiko, dans le Sud‑Ouest du Cameroun. Cette décision intervient après des années de difficultés liées aux troubles dans les régions anglophones et vise à redonner de l’élan à une filière stratégique pour les exportations agricoles du pays.
Dans un contexte où la production bananière camerounaise cherche à se rétablir après des années de perturbations, la Cameroon Development Corporation (CDC) a décidé de mobiliser un budget important soit 2,4 milliards FCFA pour renforcer sa filière banane et palmier à huile, dont environ 2,37 milliards sont exclusivement dédiés à la banane. Cette annonce, relayée par plusieurs médias économiques locaux, marque une étape significative dans la réhabilitation de l’entreprise étatique, longtemps affectée par des crises sécuritaires et des problèmes organisationnels.
La CDC, créée en 1947 et majoritairement détenue par l’État camerounais, est l’un des plus grands employeurs du pays après l’administration publique, avec des plantations de cultures tropicales, notamment bananes, palmier à huile et caoutchouc dans les régions du Sud‑Ouest et du Littoral. Historiquement active dans l’exportation de bananes vers l’Union européenne et d’autres marchés internationaux, l’entreprise a vu sa production s’effriter à partir de 2016, lorsque la crise dans les régions anglophones du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest a lourdement impacté l’accès aux plantations et la sécurité des travailleurs.
L’investissement décidé fin janvier 2026 comprend plusieurs appels d’offres pour l’acquisition d’intrants agricoles, de plantules et d’équipements essentiels pour relancer la production, améliorer les rendements et stabiliser la qualité des bananes destinées à l’export. Selon les documents consultés, 34 lots distincts sont prévus dans ce plan, visant à renouveler et entretenir les plantations, à sécuriser les stocks et à moderniser la mise en marché.
Les responsables de la CDC et les acteurs du secteur agricole soulignent que cette relance intervient au moment où les exportations bananières du pays montrent des signes de reprise, même si elles restent en deçà des niveaux observés avant la crise. Les données d’Assobacam, l’Association Bananière du Cameroun, indiquent que la CDC elle‑même a vu ses volumes d’exportation augmenter dans plusieurs périodes récentes en 2025, contribuant à contrer les baisses enregistrées par d’autres producteurs.
Cet investissement doit permettre à la CDC non seulement d’améliorer ses performances productives, mais aussi de renforcer la chaîne logistique de la filière bananière camerounaise, en stimulant l’emploi dans les zones rurales et en accroissant les recettes d’exportation. La banane demeure en effet l’un des produits agricoles d’exportation les plus importants du pays, avec des recettes significatives générées notamment par les ventes vers l’Europe.
Toutefois, ce redressement n’est pas sans défis. L’entreprise doit encore composer avec les séquelles de la crise anglophone, qui ont fragilisé sa capacité opérationnelle et réduit ses superficies en production à Tiko. Les experts estiment que la poursuite de l’investissement, l’amélioration de l’accès aux intrants agricoles et une meilleure intégration des technologies modernes y compris l’utilisation d’outils tels que les drones pour la gestion des cultures pourront aider à accroître l’efficacité, la productivité et la compétitivité des bananes camerounaises sur le marché mondial.
À Tiko, où la CDC concentre une part importante de ses plantations, les populations attendent que cette relance se traduise rapidement par des emplois durables, une revalorisation des productions et une relance de la vie économique locale. Pour le gouvernement camerounais, cet investissement assure également une meilleure sécurité alimentaire et exportatrice, tout en donnant une impulsion au secteur agricole, intégré dans la Stratégie Nationale de Développement 2020‑2030 du pays.
Amelie Yandal


