Echange de parapheurs entre Lejeune Mbella Mbella, Minrex et Giresse Tella, président d’Impact Palmarès
(LVDE) – Le 5 décembre 2025 à Yaoundé, l’État camerounais et Impact Palmarès R&D SAS ont signé un avenant qui reconfigure le partenariat public-privé engagé en 2022 pour la modernisation consulaire. Un ajustement qui s’appuie sur l’essor spectaculaire des recettes liées au e-visa et sur la nécessité d’adapter le cadre juridique aux nouveaux outils numériques.
Dans les salons calmes du ministère des Relations extérieures, les parapheurs s’échangent dans une atmosphère où se mêlent protocole et satisfaction discrète. Devant les caméras, le Cameroun et la société ivoirienne Impact Palmarès scellent une nouvelle étape de leur coopération. Trois ans après le lancement du programme de digitalisation consulaire, l’heure est aux réajustements, mais aussi à la consolidation d’un dispositif désormais considéré comme stratégique pour l’action diplomatique du pays.
Le ministre Lejeune Mbella Mbella prend la parole d’une voix posée. Il rappelle que l’évolution du cadre réglementaire national, conjuguée aux exigences techniques grandissantes, a rendu indispensable la mise à jour du contrat initial. « Notre ambition reste intacte : disposer d’un système consulaire performant, sécurisé et conforme aux standards internationaux », explique-t-il en évoquant les procédures modernisées, les exigences de cybersécurité et les chantiers en cours.
Face à lui, Giresse Tella, président d’Impact Palmarès, acquiesce. Le chef d’entreprise insiste sur la nécessité d’intensifier les investissements, notamment ceux liés au futur Centre de Transformation Digitale du Minrex, dont la livraison est désormais attendue pour juin 2026. Cet édifice doit devenir le cœur technologique de la diplomatie numérique camerounaise : hébergement des données biométriques, automatisation des flux de traitement, optimisation des délais d’émission des visas. À cela s’ajoute la réhabilitation renforcée du Consulat général du Cameroun à Paris, autre maillon essentiel du réseau consulaire modernisé.
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Les chiffres, eux, viennent confirmer la pertinence de cette accélération. Le système d’e-visa, pleinement opérationnel depuis trois ans, a profondément modifié les usages. Les voyageurs déposent leurs demandes en ligne, reçoivent des notifications automatisées et obtiennent leur visa en quelques jours. Mais le changement le plus marquant reste financier : le Trésor public a enregistré 46,9 milliards FCFA entre janvier et septembre 2025, provenant de 411 439 visas payants délivrés sur la plateforme. En dix-huit mois, entre avril 2023 et octobre 2024, les recettes n’avaient atteint que 29 milliards. La progression dépasse donc largement les prévisions initiales et conforte l’État dans son choix de miser sur le numérique comme vecteur d’efficacité.
En quittant la salle, les délégations semblent partager la même conviction : l’avenant signé n’est pas une simple formalité administrative. Il marque une nouvelle trajectoire pour un programme devenu l’un des pivots de la modernisation de l’administration camerounaise. La décennie qui s’ouvre devra transformer l’essai : un consulat connecté, des services fluides, une sécurité renforcée et des recettes maîtrisées. Le chantier est vaste, mais pour l’État comme pour son partenaire ivoirien, il s’agit désormais d’une priorité nationale.
Anatole Bidias


