Pour Comilog, le changement de direction s’ouvre sur un enjeu industriel majeur : poursuivre la transformation locale du manganèse tout en maintenant la performance de ses opérations. Nommé administrateur le 16 septembre, Issempedjeno Ngaka prendra les fonctions d’administrateur directeur général le 1er janvier 2027, à la suite de Leod Paul Batolo. Celui-ci quitte ses fonctions après 29 ans au sein d’Eramet, dont onze à la tête de la compagnie, et entend se consacrer à des projets personnels. Il restera en poste jusqu’à la passation afin d’assurer la continuité des activités.
Diplômé de l’École polytechnique, le futur dirigeant compte plus de vingt ans d’expérience dans les secteurs pétrolier et gazier. Sa carrière l’a conduit du forage offshore au Brésil, chez Schlumberger, à des responsabilités chez Shell, au Gabon puis aux Pays-Bas. Il a rejoint Maurel & Prom Gabon en 2013, avant d’en devenir directeur général en 2024. Pour Christel Bories, présidente-directrice générale d’Eramet, son expérience de terrain, sa vision internationale et sa connaissance des activités industrielles seront des atouts pour poursuivre la transformation de Comilog.
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Le nouveau dirigeant prend les rênes d’un acteur central de l’économie gabonaise. Exploitée à Moanda depuis 1962, la mine dispose d’une capacité de production annuelle de 7 millions de tonnes de manganèse. Comilog emploie environ 2 000 personnes directement et génère quelque 3 500 emplois indirects, notamment à travers Setrag, sa filiale ferroviaire. L’entreprise constitue ainsi un maillon important de l’activité économique du Haut-Ogooué et de la chaîne logistique minière du pays.
Sa feuille de route comprend la mise en œuvre du protocole d’accord conclu le 20 juillet 2026 entre Eramet, Comilog et l’État gabonais. Celui-ci prévoit l’étude de trois scénarios industriels pour porter, d’ici à fin 2031, la transformation locale à 700 000 tonnes de minerai par an. Le développement de cette activité dépendra notamment de la viabilité économique des projets et de l’accès à l’énergie. L’accord prévoit également une filière de biocharbon produite à partir de coproduits forestiers, ainsi qu’un fonds d’amorçage industriel baptisé « Fabriqué au Gabon ».
Pour Issempedjeno Ngaka, l’équation consistera à conjuguer efficacité opérationnelle, adaptation aux fluctuations du marché mondial du manganèse et retombées locales. Au-delà de la continuité managériale, sa prise de fonction ouvre une nouvelle séquence pour Comilog, appelée à accroître la transformation du minerai au Gabon tout en consolidant ses performances industrielles.
Sorelle Ninguem



