Au siège d’Afreximbank, au Caire, la recomposition de l’équipe dirigeante dépasse le simple exercice de ressources humaines. En redessinant sa gouvernance régionale, l’institution financière panafricaine prépare une nouvelle phase de son développement, à un moment où la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) accroît les besoins de financement des entreprises et des échanges entre l’Afrique et les Caraïbes. Cette nouvelle architecture vise à rapprocher davantage la banque de ses clients tout en accélérant l’exécution de ses opérations sur les différents marchés.
La principale évolution concerne Eric Intong Monchu, confirmé comme Directeur général du Groupe chargé des Relations clients et des Opérations régionales. Après plusieurs mois d’intérim, il prend définitivement les commandes de cette fonction stratégique depuis Le Caire. Sa mission consistera à coordonner les activités commerciales de la banque, harmoniser la gestion des grands comptes et renforcer la fluidité entre les équipes régionales et les métiers du financement. Cette organisation doit permettre d’accélérer le traitement des opérations dans un contexte où les entreprises africaines recherchent davantage de solutions de financement du commerce et des investissements.
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La banque redistribue parallèlement les responsabilités sur le continent. Kudakwashe Matereke prend la direction des opérations régionales pour l’Afrique de l’Ouest anglophone depuis Abuja, après avoir dirigé l’Afrique de l’Est. Humphrey Nwugo est transféré à Kampala pour piloter l’Afrique de l’Est, tandis que Peter Adeshola Olowononi prend la responsabilité de l’Afrique australe depuis Harare. Dans les Caraïbes, Roy Reid, ancien conseiller principal du Premier ministre jamaïcain, dirige désormais les opérations régionales à Bridgetown, avec pour priorité de consolider les liens économiques entre les États caribéens et l’Afrique.
Ces nominations interviennent alors qu’Afreximbank change d’échelle. Créée en 1993 par les États africains, des banques centrales et des investisseurs institutionnels, la banque est devenue l’un des principaux financeurs du commerce africain. À fin 2025, son total d’actifs dépassait 40 milliards de dollars, tandis que ses décaissements cumulés atteignaient plusieurs dizaines de milliards de dollars en faveur du commerce, de l’industrialisation, des infrastructures, de la santé, de l’énergie et des PME. L’institution pilote également le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), appelé à faciliter les transactions en monnaies locales dans le cadre de la ZLECAf, un marché de plus de 1,4 milliard d’habitants représentant un PIB supérieur à 3 400 milliards de dollars.
Pour les entreprises africaines, cette réorganisation traduit surtout la volonté d’Afreximbank de raccourcir les délais de décision et de rapprocher les centres de financement des opérateurs économiques. Les nouveaux responsables régionaux devront développer les relations avec les exportateurs, accompagner les projets industriels et renforcer la présence de la banque sur les marchés où les besoins en capitaux restent considérables. En plaçant des dirigeants expérimentés à la tête de ses principales zones d’intervention, le président Benedict Oramah, relayé désormais par son successeur George Elombi, entend consolider le rôle d’Afreximbank comme l’un des principaux leviers du financement des entreprises africaines et caribéennes dans un environnement économique marqué par la montée des échanges Sud-Sud et l’accélération de l’intégration régionale.
Tressy Chouente



