Dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques et l’incertitude économique, Afreximbank affiche une forte mobilisation financière en faveur des économies africaines. Selon son bilan 2025, la Banque africaine d’import-export a engagé 22,4 milliards de dollars dans 183 opérations, auxquels s’ajoutent 6,2 milliards de garanties et 13,1 milliards de dollars mobilisés auprès de partenaires. L’institution entend ainsi renforcer son rôle de catalyseur des investissements et du commerce sur le continent.
Cette intervention s’inscrit dans le sixième plan stratégique 2022-2026 de la banque, centré sur la transformation du commerce africain, l’industrialisation et l’intégration régionale. L’objectif est de favoriser l’émergence d’entreprises capables de produire localement, de créer davantage de valeur ajoutée et d’accéder à de nouveaux marchés. Pour Afreximbank, la diversification des économies constitue un rempart face aux fluctuations des matières premières et aux perturbations des échanges mondiaux.
La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) occupe une place centrale dans cette stratégie. En collaboration avec son Secrétariat et la Commission de l’Union africaine, Afreximbank accompagne les mécanismes destinés à fluidifier les échanges et les paiements transfrontaliers. L’enjeu est de permettre aux entreprises africaines de dépasser leurs marchés domestiques et de s’insérer dans des chaînes de valeur régionales davantage intégrées.
Les garanties constituent l’un des principaux leviers de cette politique. Les 6,2 milliards de dollars accordés en 2025 doivent contribuer à réduire les risques associés aux transactions et aux projets africains, tandis que les 13,1 milliards de cofinancements permettent d’amplifier l’effort financier initial de la banque. Cette mécanique vise notamment les infrastructures, l’industrie, le commerce et les chaînes de valeur régionales, où le manque de financement demeure un frein à l’expansion des entreprises.
Le défi reste cependant structurel. Le potentiel démographique, les ressources naturelles et les marchés en expansion du continent ne pourront produire pleinement leurs effets sans infrastructures adaptées, capacités manufacturières renforcées et PME mieux intégrées aux circuits commerciaux régionaux. La montée en gamme des exportations apparaît également indispensable pour réduire la dépendance aux produits primaires et accroître la valeur créée localement.
À travers les résultats communiqués pour 2025, Afreximbank entend donc consolider son rôle dans cette transformation. Avec 22,4 milliards de dollars engagés dans 183 opérations, 6,2 milliards de garanties et 13,1 milliards de cofinancements mobilisés, l’institution cherche à faire du financement un accélérateur du commerce intra-africain, de l’investissement productif et de l’intégration économique.
Sorelle Ninguem



