La mobilité électrique franchit une nouvelle étape dans son déploiement sur le continent. Basée au Kenya et fondée en 2022 par Gagan Gupta, la start-up Spiro vient de sécuriser 215 millions de dollars, soit environ 121 milliards FCFA, en fonds propres. Cette levée de capitaux a été soutenue par des investisseurs institutionnels de premier plan, parmi lesquels Impact Fund Denmark, adossé aux fonds de pension danois, et Equitane, actionnaire fondateur de l’entreprise.
Cette opération financière intervient dans un contexte de forte accélération des solutions de transport propres en Afrique urbaine, où la demande en mobilité abordable et moins polluante ne cesse de croître. Les fonds levés doivent permettre à Spiro d’étendre son réseau de stations d’échange de batteries, de renforcer ses capacités industrielles d’assemblage et de soutenir son expansion géographique vers de nouveaux marchés stratégiques.
Déjà implantée dans sept pays africains — Kenya, Rwanda, Ouganda, Togo, Bénin, Nigeria et Cameroun — l’entreprise revendique plus de 100 000 motos électriques en circulation et un réseau de plus de 2 500 stations de swapping de batteries. Ce maillage constitue l’un des plus importants du continent dans le secteur émergent de la mobilité électrique à deux roues.
Ce nouveau financement s’inscrit dans une dynamique déjà bien établie. Spiro avait précédemment levé plus de 180 millions de dollars auprès d’Equitane et de Société Générale, puis obtenu 100 millions de dollars supplémentaires en octobre 2025 avec le soutien du Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA), filiale d’Afreximbank. L’enchaînement de ces opérations confirme l’intérêt croissant des investisseurs pour les modèles économiques adaptés aux contraintes énergétiques africaines.
Le modèle de Spiro repose sur une rupture technologique et d’usage : l’échange rapide de batteries en station, qui remplace les longues périodes de recharge. En quelques minutes, un utilisateur remplace une batterie déchargée par une batterie pleine, une solution particulièrement adaptée aux zones où l’accès à l’électricité reste irrégulier et où la moto constitue un outil de travail quotidien.
Sur le plan économique, l’entreprise met en avant une réduction pouvant atteindre 40 % des coûts de transport pour les utilisateurs, soit environ 2 dollars d’économies par jour par rapport aux motos thermiques. Cet avantage tarifaire constitue un levier important dans les économies urbaines à forte pression sur le pouvoir d’achat.
L’impact environnemental est également mis en avant. Selon les données communiquées, les motos électriques de Spiro permettraient une réduction de 72 % des émissions de CO₂ sur leur cycle de vie, avec environ 19 tonnes de CO₂ évitées par véhicule, ainsi qu’une baisse de 20 % des particules fines par rapport aux deux-roues à essence.
Avec cette nouvelle levée de fonds, Spiro entre dans une phase d’accélération industrielle et d’expansion régionale. L’objectif est de consolider son réseau, d’augmenter les capacités de production et de renforcer son positionnement comme acteur structurant de la transition vers une mobilité électrique accessible en Afrique.



