Les assises de la 5e édition de Pro Meet Up à Yaoundé.
Dans une sous-région où les échanges commerciaux demeurent encore limités et les coûts logistiques élevés, la cinquième édition du Pro Meet Up (PML) a placé les corridors intégrateurs au centre de la réflexion économique. Organisé à l’Hôtel Hilton de Yaoundé sous la présidence du ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhè, l’événement a réuni responsables publics, institutions régionales, partenaires financiers et acteurs du secteur privé autour d’un objectif commun : renforcer la compétitivité de l’Afrique centrale à travers des chaînes de valeur régionales mieux structurées.
Au cœur des débats, une conviction s’impose : les corridors ne doivent plus être perçus comme de simples axes de transport. Ils sont désormais envisagés comme des catalyseurs de développement capables de stimuler l’industrialisation, d’encourager la transformation locale des matières premières et de faciliter les échanges intra-africains. Cette approche s’inscrit dans les ambitions portées par la CEMAC, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pour illustrer cette vision, les participants ont retenu le corridor Douala-N’Djamena-Bangui-Port-Gentil comme projet pilote. Cet axe stratégique relie plusieurs bassins de production, marchés de consommation et infrastructures portuaires majeures. L’objectif est d’y expérimenter le modèle de « Corridor Catalyseur de Chaînes de Valeur » avant son déploiement sur d’autres corridors de la sous-région.
L’enjeu économique est de taille. Les échanges intra-CEMAC représentent encore moins de 5 % du commerce total des États membres, l’un des niveaux les plus faibles du continent. Une meilleure connectivité des infrastructures, associée à des procédures commerciales simplifiées, pourrait favoriser l’émergence de filières régionales compétitives dans l’agro-industrie, le bois, les mines, les matériaux de construction ou encore l’énergie.
Autre innovation mise en avant : l’intégration du système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), développé par Afreximbank. Présenté par son directeur général Mike Ogbalu, ce dispositif doit faciliter les transactions transfrontalières en monnaies locales, réduire les coûts de paiement et accélérer les échanges commerciaux au sein de la région.
Les travaux ont également débouché sur la création d’un Comité d’experts chargé d’identifier les filières prioritaires, de structurer les projets pilotes et de proposer une feuille de route opérationnelle. À terme, l’ambition est de bâtir un écosystème régional capable d’attirer davantage d’investissements, de soutenir la transformation industrielle et de renforcer l’intégration économique de l’Afrique centrale.



