Derrière la hausse de 68,6 % du capital d’EDC, une distinction financière s’impose. L’entreprise publique chargée du développement des actifs hydroélectriques du Cameroun a porté son capital social de 15 à 25,289 milliards de FCFA en incorporant 10,289 milliards de ressources versées par l’État entre 2008 et 2010. L’annonce légale publiée dans Cameroon Tribune précise que l’opération prend la forme d’une conversion de créances, dont la déclaration modificative a été déposée le 7 octobre 2026 au greffe du tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif.
L’origine de ces fonds remonte au lancement des activités d’EDC en 2008. Faute de précisions initiales du ministère des Finances sur leur nature, l’entreprise les avait comptabilisés comme subventions d’investissement. En 2021, son conseil d’administration avait proposé leur incorporation au capital. L’autorisation ministérielle est intervenue le 16 mai 2024, avec la perspective de créer 1 028 900 actions nouvelles d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune.
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Les comptes publiés par la Direction générale du budget le 30 juin 2026 montrent que le capital atteignait déjà 25,289 milliards de FCFA au 31 décembre 2025. Mais la chronologie comptable soulève des questions : les 10,289 milliards figuraient encore dans les subventions d’investissement à fin 2023, tandis que les données comparatives de 2024 affichent un solde nul dans cette rubrique, sans hausse du capital social. Le montant n’apparaît dans le capital qu’en 2025. Les documents disponibles ne détaillent pas complètement le passage d’une classification à l’autre.
Cette opération renforce les fonds propres, mais ne signifie pas que 10,289 milliards de FCFA supplémentaires ont été encaissés. Le tableau des flux de trésorerie de 2025 présente pourtant cette somme sous la rubrique « augmentation de capital par apports nouveaux », tandis que la colonne comparative de 2024 enregistre un montant négatif identique au titre des subventions d’investissement reçues. Ce traitement appelle une clarification comptable pour établir précisément les écritures ayant accompagné la conversion.
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La situation de trésorerie souligne l’enjeu. À fin 2025, EDC disposait d’une trésorerie nette de 81,3 millions de FCFA, contre 736,6 millions au début de l’exercice. Malgré un capital social accru de plus des deux tiers, la société doit donc distinguer l’amélioration de sa structure financière de sa capacité immédiate à honorer ses engagements. La publication d’explications complémentaires sur les écritures de conversion permettrait de mieux apprécier la portée réelle de cette restructuration.
Anatole Bidias



