Le calendrier des financements du Fonds monétaire international (FMI) en Afrique centrale passe par une étape communautaire. Le 8 septembre, à Washington, Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), a rencontré Zeine Zeidane, directeur du département Afrique du FMI. Au centre des échanges : la revue des assurances régionales de la CEMAC, suspendue depuis décembre 2025, et les conditions de poursuite des programmes soutenus par le Fonds. La BEAC évoque une possible validation en décembre 2026, après de nouvelles missions annoncées pour octobre.
Ces assurances portent sur les engagements pris à l’échelle communautaire pour préserver les réserves de change, la stabilité monétaire et financière ainsi que la solidité du secteur bancaire. Elles complètent les engagements budgétaires et structurels négociés par chaque État. Leur validation ne vaut donc pas approbation automatique d’un programme national : elle constitue un préalable régional à l’accès aux financements du FMI. Le report de fin 2025 avait notamment été lié au décalage entre certaines politiques budgétaires nationales et la stratégie régionale, ainsi qu’à des engagements encore inachevés.
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À Washington, le gouverneur a présenté les mesures engagées depuis la suspension : rétablissement de trajectoires budgétaires jugées plus soutenables, renforcement des effectifs de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), préparation d’une nouvelle législation bancaire et révision du mécanisme communautaire de surveillance multilatérale. Il a également plaidé pour que les assurances régionales tiennent compte des réalités des économies de la CEMAC, sans renoncer aux exigences de gouvernance et de discipline macroéconomique. Les missions d’octobre doivent permettre au FMI d’évaluer les progrès accomplis.
L’enjeu concerne notamment le Cameroun, le Congo et le Gabon, qui ne disposent plus d’un programme financier actif avec le Fonds. Le programme congolais s’est achevé en mars 2025. Au Cameroun, les dernières revues du programme FEC-MEDC ont été approuvées en juillet 2025. L’accord gabonais, conclu en 2021 pour trois ans, est arrivé à échéance en 2024. Le 17 mars 2026, à Paris, les États de la CEMAC s’étaient engagés à œuvrer à l’exécution des programmes existants et à la conclusion de nouveaux accords.
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Les situations diffèrent dans les trois autres pays. Le Tchad bénéficie depuis juillet 2025 d’un accord de 48 mois au titre de la Facilité élargie de crédit. La Guinée équatoriale est engagée dans un programme de suivi par les services du FMI, sans financement. En République centrafricaine, l’accord conclu en avril 2023 a expiré le 26 juin 2026. La revue régionale doit ainsi composer avec des trajectoires nationales distinctes, alors que les engagements communautaires conditionnent l’accès aux ressources du Fonds.
Pour Yaoundé, l’attente est aussi budgétaire. Le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029 prévoit 300 milliards de FCFA d’appuis budgétaires en 2027, sous l’hypothèse d’un nouvel accord avec le FMI. Cette enveloppe représente environ 9,5 % des besoins de financement projetés pour l’année, soit 3 161,5 milliards de FCFA. Ces appuis pourraient provenir du FMI et d’autres partenaires, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou l’Union européenne.
Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motazé, avait indiqué que les deux programmes conduits entre 2017 et 2025 avaient permis de mobiliser environ 2 600 milliards de FCFA auprès du FMI et d’autres partenaires. En l’absence d’un nouvel accord, le pays devrait rechercher d’autres ressources, avait-il prévenu en octobre 2025. La réunion de Washington ne tranche donc pas l’avenir du programme camerounais : elle vise d’abord à faire avancer le préalable régional. L’évaluation des réformes en octobre précédera une éventuelle décision en décembre.
Tressy Chouente



