Au large des côtes congolaises, une nouvelle avancée vient consolider la position du pays sur la carte énergétique africaine. Le groupe TotalEnergies a révélé les résultats d’une campagne de forage qui a permis d’identifier une importante accumulation de pétrole et de gaz dans la zone d’extension du champ offshore de Moho, situé à environ 80 kilomètres de Pointe-Noire.
Le puits exploratoire a mis en évidence une colonne d’hydrocarbures de près de 160 mètres, confirmant le potentiel significatif du site. En intégrant cette découverte aux ressources déjà identifiées dans les zones voisines, les volumes récupérables sont désormais estimés à environ 100 millions de barils. Cette annonce s’inscrit dans une stratégie visant à optimiser les actifs existants tout en limitant les coûts de développement.
L’un des atouts majeurs de cette découverte réside dans sa proximité avec les infrastructures déjà en place. Les nouvelles ressources, notamment issues des segments Moho G et H, pourront être rapidement raccordées aux installations existantes, permettant un développement accéléré et économiquement viable. Ce modèle dit de “cycle court” réduit considérablement les délais entre la découverte et la mise en production.
Le projet est porté par un consortium international dirigé par TotalEnergies, qui détient 63,5 % des parts. Il associe également Trident Energy (21,5 %), QatarEnergy (15 %) et la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC). Cette configuration illustre l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour les projets énergétiques en Afrique centrale.
Actuellement, le champ de Moho s’appuie sur deux unités flottantes de production capables de produire environ 90 000 barils par jour. Ces installations serviront de socle pour intégrer les nouveaux volumes, sans nécessiter d’investissements lourds en infrastructures de base, ce qui renforce la rentabilité globale du projet.
Pour la République du Congo, cette découverte revêt une importance stratégique. Le pays, membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), affiche une production d’environ 270 000 barils par jour. Les autorités ambitionnent d’atteindre un niveau de 500 000 barils quotidiens à l’horizon 2027. Dans ce contexte, l’apport de nouvelles réserves apparaît déterminant pour soutenir cette trajectoire de croissance.
Au-delà des chiffres, cette annonce témoigne de la résilience du bassin offshore congolais, qui continue d’attirer les investissements malgré la concurrence d’autres régions productrices. Elle illustre également l’évolution des stratégies des majors pétrolières, qui privilégient désormais des projets à forte rentabilité, adossés à des infrastructures existantes.
Enfin, la convergence des intérêts entre partenaires européens et moyen-orientaux, notamment avec l’implication de QatarEnergy, reflète une recomposition des alliances énergétiques à l’échelle mondiale. Pour Brazzaville, cette dynamique pourrait se traduire par un renforcement durable de ses capacités de production et de ses recettes pétrolières.



