(LVDE) — Dans un contexte où la pression démographique et le déficit d’infrastructures scolaires pèsent fortement sur les régions septentrionales, Cimencam Figuil renforce son engagement sociétal en livrant deux blocs de salles de classe modernes à Biou et Goulfey. Un investissement de 40 millions Fcfa qui illustre la montée en puissance du partenariat entre secteur privé et collectivités locales pour soutenir l’éducation de base.
À Biou, dans la région du Nord, comme à Goulfey, dans l’Extrême-Nord, l’événement a rassemblé autorités municipales, chefs traditionnels et populations autour d’un symbole fort : l’école. Huit mois après l’entrée en activité de son unité industrielle, Cimencam Figuil, filiale de Les Cimenteries du Cameroun, a officiellement rétrocédé deux bâtiments scolaires composés chacun de quatre salles de classe équipées en tables-bancs.
La cérémonie présidée par le maire de Biou, Mahamat Masse, en présence du premier adjoint au maire de Figuil et des responsables de l’entreprise, s’est déroulée sous un soleil ardent du Septentrion. Les interventions ont unanimement insisté sur le rôle déterminant de l’éducation dans la transformation sociale et économique des territoires.
Dans ces régions, les défis sont réels. Selon les données du ministère de l’Éducation de base, le taux brut de scolarisation au primaire au Cameroun dépasse 100 %, traduisant une forte demande, mais les écarts restent marqués entre le Sud et le Septentrion. L’Extrême-Nord enregistre l’un des taux d’achèvement les plus faibles du pays. L’UNICEF relève également que les effectifs par classe peuvent atteindre ou dépasser 70 élèves dans certaines zones rurales, compromettant la qualité des apprentissages.
Face à cette situation, l’investissement de 40 millions de Fcfa consenti pour les deux établissements apparaît comme une réponse concrète à la surcharge des infrastructures existantes. Les nouveaux bâtiments offrent un environnement plus adapté, sécurisé et propice à la concentration des apprenants. Pour les parents rencontrés sur place, ces salles supplémentaires devraient réduire la promiscuité et améliorer le suivi pédagogique.
Du côté de l’entreprise, cette action s’inscrit dans une politique de responsabilité sociétale structurée. Les responsables soulignent que la performance industrielle doit s’accompagner d’un impact positif sur les communautés riveraines. Après la mise en service de la cimenterie de Figuil, plusieurs initiatives ont été engagées dans les domaines prioritaires que sont l’éducation, la santé et l’employabilité.
Les statistiques démographiques renforcent l’urgence d’agir. D’après la Banque mondiale, plus de 60 % de la population camerounaise a moins de 25 ans. Cette jeunesse massive constitue un potentiel considérable, à condition d’investir durablement dans le capital humain. La Stratégie nationale de développement 2020-2030 place d’ailleurs l’amélioration de la qualité de l’enseignement parmi les axes majeurs de transformation du pays.
Au-delà de la remise des clés, la cérémonie a incarné une dynamique de coopération entre acteurs publics et privés. Pour les élus locaux, cette contribution va bien au-delà d’un geste symbolique : elle représente un appui structurant pour la commune et un signal encourageant pour d’autres partenaires économiques.
À Biou comme à Goulfey, ces nouvelles infrastructures se dressent désormais comme des repères d’espoir. Elles traduisent la conviction partagée que l’avenir du Septentrion passe par des salles de classe mieux équipées, capables d’accueillir une jeunesse nombreuse et ambitieuse.
Raphael Mforlem



