(LVDE) – Spécialisée dans le transport maritime, l’entreprise camerounaise Gulfcam prévoit de reprendre le cabotage entre les ports de Kribi et Douala d’ici fin 2025 ou début 2026. Cette initiative vise à offrir une alternative efficace aux défis logistiques rencontrés par les importateurs et exportateurs, tout en renforçant l’économie locale.
La société Gulfcam, reconnue pour son expertise dans le transport maritime de conteneurs et la distribution de produits pétroliers, a annoncé le 2 octobre 2025 son intention de relancer le cabotage conteneurisé entre les ports de Douala et Kribi. Cette initiative est le fruit d’une réflexion approfondie sur les défis logistiques auxquels sont confrontés les acteurs du commerce extérieur camerounais, notamment en raison de l’état dégradé des infrastructures routières entre ces deux ports stratégiques.
Albert Roger Boum, directeur général de Gulfcam, a souligné l’importance de cette relance pour les importateurs et exportateurs, qui souffrent des contraintes liées à la route actuelle. En effet, le cabotage maritime permettra de contourner ces obstacles et d’assurer un transport plus fluide des marchandises. Les grands navires, souvent limités par le tirant d’eau insuffisant du port de Douala, pourront décharger leurs cargaisons à Kribi, un port en eau profonde, avant que celles-ci ne soient transférées sur des navires plus petits pour rejoindre Douala.
Le service de cabotage avait été opérationnel entre 2020 et 2022, mais avait été interrompu en raison de divers facteurs. Actuellement, le transport d’un conteneur par la route entre Kribi et Douala nécessite au moins trois heures, rendant le processus inefficace. La relance de ce service devrait permettre une évacuation plus rapide et à moindre coût, une avancée significative pour les opérateurs économiques locaux.

Un point crucial de cette initiative est l’efficacité économique qu’elle engendre. Un camion plateau peut transporter un maximum de deux conteneurs, alors qu’un navire de cabotage a la capacité d’en transporter jusqu’à 500. Cela se traduit par une réduction notable du coût unitaire pour les opérateurs, rendant le commerce international plus accessible.
Pour initialiser ce projet, Gulfcam prévoit d’affréter des navires, tout en développant le marché et en informant les clients sur les nouvelles options de transport. L’entreprise s’appuie sur son savoir-faire, fruit de la fusion en 2021 entre Gulfin et Camship-Clgg, intégrant ainsi l’expérience de Cameroon Shipping Lines, une entreprise publique privatisée en 1997.
La réussite de cette relance dépend également d’une collaboration étroite avec les administrations publiques, notamment la douane. Celle-ci a promis de simplifier le régime de transbordement, intégrant les charges liées aux opérations de débarquement et de réembarquement des conteneurs pour réduire les coûts pour les opérateurs. Un quai dédié au cabotage est également en cours de conception au port de Douala, visant à fluidifier le trafic et à désengorger le terminal à conteneurs.
Avec cette relance, Gulfcam se positionne comme la première entreprise nationale à entrer sur un marché traditionnellement dominé par des acteurs étrangers. Cette initiative pourrait engendrer une augmentation de ses revenus tout en contribuant à l’économie nationale grâce à la collecte de taxes et à la création d’emplois.
Raphael Mforlem


