(LVDE) – Dans le cadre d’une stratégie ambitieuse de 305,7 milliards FCFA, le Cameroun vise à augmenter sa production laitière annuelle à 1,15 million de tonnes d’ici 2035. Cette initiative a été récemment renforcée par des investissements dans des équipements modernes et des partenariats financiers, comme l’a souligné le ministre de l’Élevage lors d’une cérémonie à Yaoundé.
Le 23 septembre 2025, le ministre de l’Élevage, Taïga, a dévoilé à Yaoundé un projet ambitieux visant à transformer la production laitière au Cameroun. Dans un contexte où la dépendance aux importations de lait est significative, l’État camerounais a décidé d’investir 305,7 milliards FCFA, soit environ 500 millions de dollars, pour atteindre une production annuelle de 1,15 million de tonnes d’ici 2035.
Actuellement, la demande nationale est estimée à 300 000 tonnes par an, mais la production locale n’a atteint que 176 600 tonnes en 2023, créant ainsi un déficit de plus de 120 000 tonnes. Cette lacune est comblée par des importations coûteuses : l’année dernière, le Cameroun a dépensé 75,6 milliards FCFA, soit environ 124 millions de dollars, pour l’importation de lait et de produits dérivés, notamment le lait en poudre.
Pour remédier à cette situation, le gouvernement a mis en place une stratégie pluriannuelle qui inclut des investissements ciblés dans plusieurs domaines. Ainsi, 111,5 milliards FCFA sont alloués à l’amélioration génétique du cheptel, 92,3 milliards à la santé animale, et 72,7 milliards à l’alimentation des bêtes. Les fonds restants seront utilisés pour la transformation, la recherche et la gouvernance du secteur.
L’initiative se traduit également par la dotation des éleveurs en équipements modernes. Des machines de traite, des tanks réfrigérés, et des tracteurs ont été fournis pour améliorer les conditions de travail et la qualité de la production. Un partenariat de financement avec la Bange Bank a également été sécurisé, permettant aux éleveurs d’accéder à des ressources financières pour soutenir leurs activités.
Un projet phare dans cette stratégie est la construction d’un nouveau centre d’élevage à Wakwa, dans la région de l’Adamaoua. Ce centre, qui sera opérationnel cette année, aura la capacité de produire 500 doses de semence et 300 embryons par an, facilitant ainsi l’insémination artificielle pour 276 000 vaches. Cette démarche vise à améliorer les rendements et à garantir une production laitière de qualité.
Le plan s’appuie sur des initiatives antérieures, telles que l’importation de 495 génisses de race Montbéliarde dans le cadre du projet Prodel, qui a été mis en place pour améliorer la productivité du secteur. En 2023, la production laitière a connu une légère augmentation de 2 %, mais le gouvernement avertit que l’atteinte de l’objectif de 1,15 million de tonnes nécessitera des investissements soutenus et une accélération de la mise en œuvre des programmes.
Ainsi, le Cameroun se positionne résolument vers une transformation de son secteur laitier, avec l’ambition de réduire sa dépendance aux importations tout en répondant à la demande croissante de la population. Cette stratégie pourrait non seulement renforcer l’économie locale, mais aussi offrir des opportunités d’emploi et améliorer la sécurité alimentaire dans le pays.
Amélie Yandal


