(LVDE) – Cette manufacture, d’un investissement proche d’un milliard FCFA, sera établi dans la localité de Nkol Melen dès janvier 2026, marquant une avancée significative dans la transformation du cacao camerounais et l’ambition d’exporter des produits haut de gamme.
Le 23 septembre 2025, lors d’une audience au ministère du Commerce, Olivier Bordais, entrepreneur français, a annoncé que sa chocolaterie, Chocolat Rouge, sera opérationnelle dès janvier 2026 à Nkol Melen, une localité située en périphérie d’Obala, dans la région du Centre. Ce projet, qui a nécessité un investissement total d’environ 1,5 million d’euros, soit près d’un milliard FCFA, s’inscrit dans une dynamique de valorisation locale du cacao, une matière première abondante au Cameroun.
La chocolaterie Chocolat Rouge a pour objectif de produire des barres de chocolat haut de gamme destinées au marché international. À partir de février 2026, les premières expéditions devraient débuter. Cependant, le promoteur a exprimé des préoccupations quant aux éventuels retards administratifs liés à l’obtention des documents nécessaires pour se conformer aux exigences du nouveau règlement de l’Union européenne sur la déforestation (Rdue), qui entre en vigueur le 1er janvier 2026. Cette réglementation vise à garantir que les produits commercialisés sur le marché européen ne contribuent pas à la déforestation, un enjeu crucial pour les exportateurs de cacao.
Répondant à ces inquiétudes, Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre camerounais du Commerce, a assuré que des mesures seraient prises pour accélérer la délivrance des documents de conformité. Dans ses déclarations, il a souligné l’importance de ce projet pour le pays et sa volonté d’accompagner les entrepreneurs dans leurs démarches administratives.
L’usine, qui occupera une superficie de 3 000 m², se veut un modèle de durabilité. Le ministre a précisé que Chocolat Rouge adoptera un modèle de circuit court, favorisant une approche collaborative qui intégrera tous les acteurs de la filière cacao. Cela devrait non seulement renforcer la rentabilité, mais également garantir un partage équitable des bénéfices au sein des communautés locales.
Le Cameroun, avec une production de cacao estimée à environ 300 000 tonnes par an, a un potentiel énorme dans le secteur de la transformation. Cependant, une grande partie de cette production est encore exportée sous forme de fèves, limitant la valeur ajoutée sur le sol national. L’initiative de Chocolat Rouge pourrait donc contribuer à changer cette dynamique, en favorisant l’industrialisation du secteur cacaoyer et en permettant aux producteurs locaux de bénéficier d’un marché plus rémunérateur.
En parallèle, ce projet s’inscrit dans une volonté plus large de diversification de l’économie camerounaise, traditionnellement axée sur l’agriculture et l’exploitation des ressources naturelles. En développant des industries telles que celle du chocolat, le pays aspire à créer des emplois, à dynamiser l’économie locale et à améliorer les conditions de vie des producteurs de cacao.
Les enjeux sont donc multiples : d’une part, il s’agit de répondre à la demande croissante de produits durables sur le marché international, et d’autre part, de garantir que les acteurs locaux tirent profit de cette économie émergente. La chocolaterie Chocolat Rouge pourrait bien être le catalyseur d’une nouvelle ère pour le secteur cacaoyer au Cameroun, reliant les producteurs, les transformateurs et les consommateurs dans un cycle économique vertueux.
Raphael Mforlem


