(lavoixdesentreprises.info) – Le Nigeria redouble d’efforts pour transformer son économie, historiquement dépendante du pétrole, en misant sur le développement de son industrie sidérurgique. Un accord récent entre une entreprise nigériane et un groupe chinois illustre cette volonté de relance, visant à réduire la dépendance aux importations d’acier et à stimuler l’industrialisation locale.
Un nouveau chapitre s’ouvre pour l’industrie sidérurgique nigériane. Chart & Capstone Integrate Ltd, une société locale, et le conglomérat chinois Sinomach-HE ont scellé un protocole d’accord pour la construction d’une aciérie d’un montant de 2,5 milliards de dollars dans l’État de Kogi. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à revitaliser un secteur longtemps en sommeil et à diminuer les importations d’acier, chiffrées à environ 4 milliards de dollars par an.
Cet accord fait suite à d’autres annonces récentes, notamment un partenariat avec un consortium russe pour la réhabilitation et la finalisation de l’aciérie Ajaokuta Steel Company, ainsi que la gestion de la National Iron Ore Mining Company (NIOMCO). Parallèlement, l’entreprise chinoise Inner Galaxy Steel Company a annoncé un investissement de 300 millions de dollars pour une nouvelle usine dans l’État d’Ogun.
Le gouvernement nigérian a également dévoilé une feuille de route pour le développement de l’industrie sidérurgique, ainsi qu’une nouvelle loi sur l’industrie métallurgique, actuellement en examen au Parlement. Ces mesures témoignent de la volonté du pays d’accélérer sa diversification économique en valorisant ses ressources en minerai de fer.
Le Nigeria dispose de réserves de minerai de fer estimées à 200 millions de tonnes, mais peine à exploiter pleinement ce potentiel. Sur 74 usines de production d’acier, seules 40 sont en activité, faisant du Nigeria un importateur net. La demande intérieure, estimée à 10 millions de tonnes par an, dépasse largement la production nationale d’environ 2,2 millions de tonnes.
L’objectif du gouvernement est de porter la production nationale à 10 millions de tonnes par an, afin de réduire sa dépendance aux importations et de stimuler d’autres secteurs économiques tels que la construction, l’automobile et les infrastructures ferroviaires. Cela pourrait également créer des milliers d’emplois dans un pays confronté à un taux de chômage élevé chez les jeunes.
Cependant, plusieurs défis persistent. Des études soulignent les déficiences infrastructurelles, le manque de financement, l’instabilité des politiques réglementaires et les défis techniques comme autant de freins à l’essor de l’industrie sidérurgique. La concurrence des produits importés et un cadre réglementaire incertain constituent également des obstacles à surmonter.
Pour atteindre ses ambitions, le Nigeria devra accélérer les projets en cours, sécuriser les investissements promis, moderniser les infrastructures existantes, adopter des politiques cohérentes et stables, et promouvoir la consommation locale d’acier. La concrétisation de ces efforts permettra non seulement de réduire les importations, mais aussi de créer une base industrielle solide pour soutenir la croissance économique du pays.
Anatole Bidias


