(LVDE) — Pour relancer l’une des artères économiques les plus vitales du pays, le groupe minier français Eramet et l’investisseur Meridiam discutent avec la Société financière internationale (SFI) d’un financement d’environ 210 milliards FCFA (près de 320 millions de dollars) destiné à moderniser le Transgabonais, le seul chemin de fer du Gabon, indispensable aux exportations de manganèse et au désenclavement des provinces.
Derrière le rustique profil de la ligne de chemin de fer du Transgabonais, qui s’étire sur près de 650 kilomètres entre Libreville et Franceville, se joue un enjeu stratégique pour l’économie gabonaise. Consciente de l’importance de cette infrastructure ferroviaire pour acheminer le manganèse — première ressource d’exportation du pays — ainsi que d’autres marchandises et passagers, la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), filiale du groupe français Eramet et associée à l’investisseur Meridiam, est engagée dans des négociations avec la Société financière internationale (SFI) pour obtenir un financement d’environ 210 milliards FCFA (soit près de 320 millions USD), destiné à lancer une phase majeure de modernisation du réseau.
L’enjeu est de taille. Mis en service à la fin des années 1980, le Transgabonais reste le seul chemin de fer du pays et constitue un lien vital pour la compétitivité du secteur minier. Le transport ferroviaire assure l’exportation de millions de tonnes de minerai de manganèse et permet de désenclaver des localités isolées. Or sa capacité actuelle est souvent jugée insuffisante face aux ambitions d’augmentation des volumes transportés, en particulier des matières premières qui pèsent lourd dans le produit intérieur brut et les recettes fiscales du Gabon.
Depuis l’entrée de Meridiam au capital de Setrag — avec environ 40 % des parts — et de l’État gabonais — qui détient près de 9 %, tandis qu’Eramet reste majoritaire à 51 % — de nouvelles perspectives d’investissement ont été ouvertes. L’objectif serait de redonner au Transgabonais une capacité digne de ce nom, non seulement pour maintenir son rôle de colonne vertébrale du transport des minerais, mais aussi pour développer davantage le trafic de voyageurs et attirer de nouveaux affaires.
Selon les informations recueillies auprès de sources proches du dossier, l’accord envisagé avec la Société financière internationale s’inscrit dans un budget global de plusieurs centaines de millions de dollars pour cette phase de modernisation. Ce financement viendrait compléter les ressources internes de Setrag et les contributions d’autres partenaires internationaux, afin d’accélérer les travaux de remise à niveau des voies, la sécurisation des installations, le renforcement des systèmes de signalisation et l’augmentation du volume des trains quotidiens possibles.
Ce projet s’aligne avec les ambitions affichées par les autorités gabonaises et les acteurs du secteur d’élargir les capacités du Transgabonais pour répondre à une demande croissante. Des discussions gouvernementales récentes ont aussi porté sur une refonte plus large du modèle économique du chemin de fer, incluant une meilleure gouvernance et la captation des revenus générés par l’infrastructure au profit du Trésor public.
L’importance économique du Transgabonais est indéniable : il demeure un corridor indispensable pour l’exportation du manganèse mais aussi pour l’intégration économique entre les régions du Gabon. Son évolution structurelle est régulièrement évoquée dans les plans nationaux de développement, notamment pour accroître la fréquentation des passagers et diversifier les activités commerciales autour du rail.
Pour Meridiam et Eramet, conclure cet accord avec la SFI représente une opportunité de transformer le Transgabonais en un réseau moderne et performant, capable de rivaliser avec les corridors ferroviaires régionaux. En cas de succès, ce financement devrait non seulement soutenir l’industrie minière gabonaise mais également contribuer à améliorer l’accès aux marchés pour d’autres secteurs économiques, tout en favorisant le désenclavement d’importantes zones rurales.
Sorelle Ninguem



