(LVDE) – La controverse enfle autour du dispositif de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri. Dans un communiqué publié le 13 février 2026, le Port Autonome de Douala (PAD) répond fermement aux préoccupations exprimées par le GECAM, défendant la légalité et la nécessité du contrôle non-intrusif des flux. L’autorité portuaire évoque des exigences de souveraineté et pointe du doigt des décisions administratives extérieures comme source potentielle de blocages.
Le débat sur le contrôle des marchandises a pris une tournure publique à Douala. Après la sortie du Groupement des Entreprises du Cameroun, qui relayait les inquiétudes de certains opérateurs économiques quant à l’organisation du scanning au port de Douala-Bonabéri, la direction générale du PAD est montée au créneau. Dans sa réaction officielle, l’institution portuaire exprime son étonnement face à une démarche rendue publique sans concertation préalable, alors qu’elle siège au sein des instances de dialogue de la communauté portuaire.
Au cœur du différend, la réorganisation du scanning systématique des flux import et export transitant par le port de Douala-Bonabéri, principale porte d’entrée du commerce extérieur camerounais et hub logistique pour plusieurs pays d’Afrique centrale. Selon les statistiques portuaires publiées ces dernières années, plus de 12 millions de tonnes de marchandises y transitent annuellement, représentant près de 95 % des échanges maritimes du Cameroun.
Le PAD rappelle que sa mission, encadrée par les textes en vigueur et par le décret n°99/129 du 15 juin 1999 instituant le Comité Consultatif d’Orientation de l’Activité Portuaire (CCo’PAD), est d’assurer la sûreté des navires, la sécurité des installations et la conformité des flux commerciaux. La généralisation du contrôle par scanner s’inscrit, précise-t-il, dans les directives des pouvoirs publics visant à renforcer la traçabilité et à lutter contre la fraude, dans un contexte où les recettes douanières constituent une part significative des ressources budgétaires nationales.
Sur la question tarifaire, l’autorité portuaire indique que les redevances applicables ne peuvent entrer en vigueur qu’après homologation par l’Autorité Portuaire Nationale (APN), à l’issue d’un processus de validation impliquant les acteurs de la place portuaire. Les tarifs actuellement pratiqués, rappelle le PAD, sont en vigueur depuis janvier 2019.
L’institution met également en cause la décision de l’Administration des Douanes de suspendre la liquidation de certaines déclarations, estimant que cette mesure constitue le véritable risque systémique pour la fluidité des opérations. Pour les experts en logistique interrogés par la presse économique locale, tout ralentissement des procédures au port peut entraîner des surcoûts importants pour les importateurs et affecter la compétitivité des entreprises.
Dans un environnement régional marqué par la concurrence croissante d’autres plateformes maritimes du golfe de Guinée, le Port de Douala-Bonabéri joue un rôle stratégique pour le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. Le PAD affirme ainsi rechercher un équilibre entre sécurité, maîtrise des coûts logistiques et performance opérationnelle.
En conclusion, l’autorité portuaire appelle à privilégier le dialogue et à éviter toute perturbation de la chaîne logistique, dans l’intérêt du commerce extérieur et des économies nationale et sous-régionale.
Raphael Mforlem



