(LVDE) — Dans un contexte de bouleversements dans le secteur pétrolier camerounais, le géant chinois Sinopec a procédé à un remaniement de ses équipes dirigeantes au sein de ses filiales locales d’Addax Petroleum. Cette réorganisation intervient alors que la structure de l’amont pétrolier national est en pleine mutation, dominée par l’expansion de Perenco et les enjeux de production sur les champs matures.
À Yaoundé et dans les cercles industriels, les mouvements à la tête des filiales locales du groupe Sinopec ne sont pas passés inaperçus. L’entreprise chinoise a annoncé récemment qu’elle a renouvelé la direction de ses entités camerounaises issues de l’acquisition d’Addax Petroleum, acteur historique de l’exploration et de la production de pétrole et de gaz sur le territoire. Ce changement intervient à un moment où l’amont pétrolier du pays connaît une recomposition rapide, marquée par le rôle grandissant de Perenco, qui s’est imposé comme un acteur incontournable après le retrait progressif d’Addax dans certaines zones.
Selon plusieurs sources spécialisées dans l’énergie africaine, dont Oil & Gas Journal et Africa Energy Intelligence, ce remaniement s’inscrit dans la stratégie de Sinopec visant à optimiser ses opérations, renforcer la gouvernance locale et mieux piloter les investissements dans des gisements complexes. Les responsables sortants ont été remplacés par des cadres plus proches de la direction régionale, avec pour mission explicite d’améliorer l’efficacité opérationnelle et de sécuriser les actifs existants, notamment dans des blocs où la production a tendance à décliner ou à stagner.
Ce repositionnement s’effectue dans un paysage où Perenco, société franco-britannique, continue d’étendre son influence après avoir acquis de nombreux actifs d’Addax ces dernières années, transformant peu à peu l’équilibre des forces dans le secteur. Perenco est désormais perçu par plusieurs observateurs comme le principal exploitant dans l’amont pétrolier camerounais, capable d’assurer une production plus stable grâce à des technologies de récupération assistée et une gestion pointue des champs vieillissants.
Pour Sinopec, l’enjeu majeur est de maintenir ses parts de marché et de valoriser ses titres miniers, tout en répondant aux attentes de l’État camerounais en matière de rentabilité et de contributions fiscales. Les nouveaux dirigeants ont également pour mission de renforcer la transparence dans les opérations, un point jugé crucial après des critiques récurrentes sur la gouvernance des contrats pétroliers en Afrique centrale.
Plusieurs analystes cités par des médias comme Reuters ou Jeune Afrique estiment que ce remaniement peut être vu comme un signe de priorisation des compétences locales et d’un recentrage sur l’efficacité, plutôt que comme une simple rotation de personnel. En effet, face à la compétition régionale, Sinopec doit conjuguer les impératifs économiques avec les pressions réglementaires et environnementales toujours plus fortes.
Ce réalignement stratégique intervient alors que le Cameroun poursuit des réformes dans le secteur de l’énergie, cherchant à attirer de nouveaux capitaux tout en favorisant une exploitation plus durable des ressources. Dans ce contexte, les décisions de Sinopec, tout comme les manœuvres de Perenco, seront scrutées de près par les autorités et par les investisseurs internationaux, qui souhaitent voir un secteur pétrolier camerounais résilient, transparent et capable de stimuler la croissance économique.
Amelie Yandal


