(LVDE) — La Commission Régionale de Contrôle des Assurances, organe de supervision du marché assurantiel en zone CIMA, a récemment prononcé des sanctions à l’encontre de cadres dirigeants de compagnies opérant au Cameroun. SAAR Vie et Zénithe Insurance figurent parmi les sociétés concernées, dans un contexte marqué par un durcissement du contrôle réglementaire et une volonté affirmée de restaurer la discipline et la confiance dans le secteur.
Le secteur des assurances en Afrique centrale est placé sous une surveillance renforcée de son régulateur communautaire. À l’issue de ses dernières sessions, la Commission Régionale de Contrôle des Assurances (CRCA) a décidé de sanctionner plusieurs responsables de compagnies d’assurance pour manquements aux exigences du Code des Assurances de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA). Au Cameroun, ces mesures touchent directement des cadres dirigeants de SAAR Vie et de Zénithe Insurance, deux acteurs majeurs du marché national.
S’agissant de SAAR Vie, les décisions de la CRCA, rendues publiques et relayées par la presse spécialisée, pointent des insuffisances persistantes dans l’exécution d’injonctions antérieures. Le régulateur reproche notamment à la compagnie de ne pas avoir pleinement mis fin à certaines pratiques de souscription jugées non conformes à la réglementation communautaire. Dans ce contexte, Alphonse Nafack, Président du Conseil d’administration de SAAR Vie, et Clément Kamguia, Directeur général, ont chacun écopé d’un avertissement officiel. Ces sanctions engagent directement la responsabilité des organes de gouvernance et traduisent la volonté de la CRCA de rappeler les dirigeants à leurs obligations en matière de conformité et de pilotage stratégique.
Zénithe Insurance figure également parmi les sociétés épinglées. La CRCA a infligé un avertissement à Maxwell Ndecham, Directeur général adjoint de la compagnie, en raison de faiblesses relevées dans l’organisation interne et les dispositifs de conformité réglementaire. Si la sanction n’entrave pas la continuité des activités de l’assureur, elle constitue néanmoins un signal fort adressé aux dirigeants, appelés à renforcer les mécanismes de contrôle interne et la traçabilité des opérations.
Ces décisions s’inscrivent dans une démarche plus large menée à l’échelle de la zone CIMA. Dans le même élan, la CRCA a également sanctionné des dirigeants de SUNU Assurances IARD Centrafrique, notamment Béatrice Epayé, Présidente du Conseil d’administration, et Clément Sandwidi, ancien Directeur général, pour des manquements liés à l’exécution d’injonctions concernant le règlement de sinistres. Dans leur cas, les avertissements ont été assortis de sanctions financières, illustrant un niveau de gravité jugé plus élevé par le régulateur.
Pour les observateurs du marché, cette fermeté accrue répond à un enjeu central : renforcer la crédibilité d’un secteur encore en phase de structuration. Dans un environnement où la pénétration de l’assurance demeure relativement faible, la rigueur réglementaire apparaît comme un levier essentiel pour améliorer la gouvernance, sécuriser les engagements des compagnies et restaurer la confiance des assurés.
Au Cameroun, ces décisions sont perçues comme un rappel à l’ordre adressé à l’ensemble des opérateurs. En sanctionnant nommément les dirigeants, la CRCA réaffirme son rôle de gendarme des assurances et sa détermination à faire respecter le Code des Assurances de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA), avec pour objectif de bâtir un secteur plus transparent, plus discipliné et mieux structuré au service de l’économie régionale.
Tressy Chouente


