(LVDE) — A Yaoundé, la deuxième édition du PachiPanda Challenge a mis en lumière l’ingéniosité de la jeunesse camerounaise au service de l’environnement. Portée par MTN Cameroon et WWF Cameroon, la compétition a distingué trois projets à fort potentiel économique et écologique, appelés à jouer un rôle dans la transformation durable de l’économie locale.
Du 9 au 23 janvier 2026, la phase nationale du PachiPanda Challenge a rassemblé l’écosystème de l’innovation autour d’un même objectif : identifier des solutions concrètes capables d’allier impact environnemental et viabilité économique. Près de 400 dossiers ont été soumis au lancement, traduisant l’engouement croissant des jeunes pour l’entrepreneuriat vert. Après une première sélection rigoureuse, dix finalistes ont été auditionnés devant un jury composé d’experts, de représentants d’institutions publiques et de partenaires techniques. Les projets ont été évalués selon leur pertinence, leur faisabilité et leur capacité à se développer à grande échelle. Comme l’explique Olivier Nyako Wadjoré, président du jury, « il fallait s’assurer que chaque initiative réponde à un besoin réel tout en reposant sur un modèle économique solide ».
Le premier prix, assorti d’une enveloppe de 3 millions FCFA, est revenu à nTron Stem Kit. Ce projet se distingue par une approche originale qui combine recyclage des déchets plastiques, fabrication locale et formation aux sciences et technologies. Grâce à un procédé de transformation des plastiques usagés en filament pour imprimantes 3D, l’équipe produit des kits pédagogiques permettant aux élèves d’expérimenter l’électronique, la robotique et les énergies renouvelables. Cette démarche contribue à réduire la pollution, tout en développant des compétences techniques chez les jeunes. Le modèle économique repose sur une production locale à coûts maîtrisés et une clientèle composée d’écoles et d’institutions éducatives, même si des défis subsistent en matière d’industrialisation.
Classée deuxième et récompensée par 2 millions FCFA, la startup FurahaTalla propose une réponse numérique aux difficultés des agriculteurs face aux aléas climatiques. Sa plateforme, accessible via téléphone simple ou application mobile, permet aux producteurs de vendre à l’avance leurs récoltes à un prix sécurisé. Un système intelligent analyse données climatiques et tendances du marché pour fixer une tarification équitable. Les acheteurs, quant à eux, s’engagent par contrat et versent un acompte, offrant ainsi aux agriculteurs une trésorerie précieuse en début de campagne. Dans un contexte où les pertes post-récolte et les ventes forcées fragilisent les revenus ruraux, la solution apparaît comme un levier de stabilisation économique.
Le troisième prix, doté de 1,5 million FCFA, a distingué AgriCheck, une plateforme d’agriculture intelligente qui facilite l’accès aux intrants sans paiement immédiat. En s’appuyant sur des données satellitaires, climatiques et agronomiques, l’outil évalue les risques à l’échelle de chaque exploitation et adapte les modalités d’accompagnement. Cette approche réduit l’incertitude pour les partenaires financiers et améliore les perspectives de rendement pour les petits producteurs.
Pour MTN Cameroon, l’enjeu dépasse la simple récompense financière. « Les candidats ont surtout bénéficié d’un encadrement et de formations destinés à structurer leurs projets », souligne Edouard Tamba, précisant que les lauréats représenteront le Cameroun lors de la finale panafricaine à Johannesburg. WWF Cameroon insiste, de son côté, sur la portée environnementale des initiatives. « Ce qui compte, c’est la capacité de ces jeunes à transformer leurs idées en actions concrètes au profit des communautés et de la nature », confie un responsable de l’organisation.
Au terme de cette édition 2026, les trois projets primés incarnent des voies complémentaires pour une économie plus verte : recyclage et éducation technologique, agriculture résiliente et innovation numérique au service des producteurs. Leur avenir dépendra désormais de leur capacité à attirer des partenaires, à mobiliser des financements et à s’ancrer durablement dans le tissu économique camerounais.
Raphael Mforlem


