(LVDE) — Au Gabon, la BGFIBank s’impose comme l’acteur dominant du marché du crédit. Sur les trois premiers mois de 2025, l’établissement contrôle plus de 71 % des financements distribués par le système bancaire, reléguant ses concurrents à des parts de marché très modestes. Cette dynamique témoigne d’une concentration exceptionnelle des prêts au profit des grandes entreprises et des PME, dans un contexte de hausse globale des crédits et de baisse modérée des taux d’intérêt.
La période allant de janvier à mars 2025 marque un tournant pour le marché du crédit au Gabon. BGFIBank, filiale du groupe fondé par Henri-Claude Oyima, a renforcé sa position de leader en accordant 543 milliards FCFA de nouveaux prêts, soit 71,29 % de l’ensemble des financements octroyés par les banques gabonaises, contre seulement 23,43 % un an plus tôt. Cette progression spectaculaire illustre une montée en puissance sans précédent sur un marché pourtant en pleine expansion.
Selon les données publiées par la BEAC, l’ensemble des établissements de crédit installés au Gabon ont distribué 761,9 milliards FCFA sur le trimestre, contre 515,8 milliards FCFA au premier trimestre 2024, soit une augmentation de 47,7 %. BGFIBank dépasse largement ses rivales, loin devant l’Union Gabonaise de Banque (7,32 %), la Bicig (6,39 %), Citibank (5,64 %), Orbank (3,87 %) et Ecobank (3,23 %). Aucune autre institution n’atteint les 10 % de parts de marché, confirmant la suprématie du groupe sur l’offre de crédits nouveaux.
Les principaux bénéficiaires de cette manne financière sont les entreprises. Les grandes entreprises et les PME captent près de 80 % du volume total, avec 453,8 milliards FCFA pour les grandes structures et 154,9 milliards pour les petites et moyennes entreprises, contre 40,5 milliards FCFA pour les PME un an plus tôt. Les administrations publiques et collectivités locales ont également vu leur accès au crédit tripler, à 93,2 milliards FCFA, tandis que les prêts aux particuliers ont légèrement diminué à 55,3 milliards FCFA. Le segment des autres personnes morales hors PME et grandes entreprises reste marginal, avec 4,7 milliards FCFA accordés sur la période.
Le profil des crédits octroyés montre que la prudence reste de mise : 87,84 % des prêts sont à court terme, inférieurs ou égaux à 24 mois, 11,64 % à moyen terme et seulement 0,51 % à long terme. Malgré cette prédominance des maturités courtes, le coût du crédit a légèrement diminué. Les taux moyens servis aux PME sont passés de 15,83 % à 11,69 %, ceux appliqués aux grandes entreprises de 17,41 % à 16,55 %, tandis que les particuliers bénéficient d’un taux réduit de 21,94 % à 15,32 %. Seules les administrations publiques connaissent une légère hausse, à 9 % contre 8,43 % un an auparavant.
Sorelle Ninguem


