(LVDE) — Le 10 décembre 2025, la Chambre des représentants des États-Unis a voté la reconduction de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) pour trois années supplémentaires, apportant un souffle nouveau aux exportations africaines vers le marché américain.
Le paysage commercial entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne vient de connaître un tournant décisif. Le 10 décembre 2025, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté un projet de loi visant à prolonger l’African Growth and Opportunity Act, communément appelé Agoa, pour trois années supplémentaires. Ce vote, marqué par un large soutien des deux parties politiques, avec 340 voix en faveur contre 54, garantit aux pays éligibles d’Afrique un accès préférentiel aux marchés américains pour de nombreux produits, exemptés de droits de douane ou soumis à des tarifs réduits.
Cette reconduction intervient après l’expiration de l’Agoa, survenue le 30 septembre 2025, en pleine guerre commerciale de l’administration Trump. Elle représente un tournant crucial pour les pays africains qui dépendent des exportations vers les États-Unis. Toutefois, cette décision n’est pas encore définitive : elle doit encore être validée par le Sénat avant que le président américain ne puisse la signer.
Lancé en 2000, l’Agoa a été conçu pour favoriser le commerce et la croissance économique en Afrique subsaharienne. Par le biais de ce programme, les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et d’autres produits manufacturés ont bénéficié d’un traitement préférentiel sur le sol américain, renforçant ainsi la compétitivité des entreprises africaines et encourageant la création d’emplois au sein de ces économies.
La prolongation de l’Agoa pour trois années supplémentaires offre une visibilité essentielle aux entreprises africaines et américaines, leur permettant d’anticiper et de planifier leurs opérations commerciales. Pour de nombreux gouvernements africains, cette décision est perçue comme une bouffée d’oxygène pour leurs industries, améliorant potentiellement les soldes commerciaux.
La Chambre des représentants a voté le texte sans amendement, signalant l’urgence de maintenir le programme et la pérennité des relations commerciales avec l’Afrique. Cependant, une certaine prudence demeure, notamment concernant l’inclusion définitive de certains pays, comme l’Afrique du Sud, dont le statut dépendra des discussions au Sénat et de la version finale qui sera soumise à la signature présidentielle.
Il est également important de rappeler qu’à l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, l’Agoa avait connu des perturbations, avec la suspension de son application et l’imposition de droits de douane supplémentaires sur divers produits africains. Cette situation avait engendré une période d’incertitude pour les exportateurs du continent.
La prolongation actuelle de l’Agoa se présente donc comme une opportunité de retour à la stabilité, ouvrant à nouveau les portes du marché américain aux industries africaines. Avec un accès sécurisé, les exportateurs peuvent envisager leur développement dans un cadre commercial plus prévisible, favorisant ainsi la croissance économique et la coopération entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne. Ce nouvel élan pourrait se traduire par des initiatives de partenariat plus solides et des investissements ciblés qui bénéficieraient à toutes les parties concernées. En somme, le vote du 10 décembre 2025 est un signal fort pour l’avenir des relations commerciales entre l’Afrique et les États-Unis.
Tressy Chouente


