(LVDE) — Le secteur pétrolier et gazier camerounais a enregistré un net ralentissement de ses investissements en 2023, selon le rapport annuel de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH). Les dépenses ont chuté à 169,5 milliards de FCFA, impactant à la fois la production et les coûts techniques, dans un contexte de maturité croissante des champs et de hausse des coûts d’exploitation.
L’année 2023 marque une pause dans la dynamique d’investissement pétro-gazier au Cameroun. Selon le rapport annuel publié par la SNH, les dépenses en capital dans le secteur se sont établies à 169,5 milliards de FCFA, soit environ 301 millions de dollars, contre 240 milliards de FCFA en 2022, représentant une baisse de près de 30 %. Ce repli met fin à plusieurs années de progression soutenue et reflète des arbitrages stratégiques au sein des principaux opérateurs.
Cette contraction est particulièrement visible dans les deux grandes associations de production du pays. L’Association Iroko a vu ses investissements chuter de 32,8 milliards de FCFA, tandis que Sanaga Sud a enregistré une diminution de 38,7 milliards de FCFA. La réduction des programmes de forage et d’extension des infrastructures explique cette tendance, traduisant un recentrage des ressources sur les projets jugés prioritaires ou à rendement immédiat.
Cette baisse des investissements a eu un effet direct sur les coûts techniques unitaires. Pour les champs pétroliers en production, le coût annuel moyen par baril est retombé à 26,15 dollars, contre 31,55 dollars l’an dernier, soulignant une optimisation des dépenses mais aussi un possible effet de compression des activités d’exploration. Dans le gaz, l’impact est encore plus net : pour l’Association Sanaga Sud, le coût technique unitaire a chuté à 3,46 dollars par baril équivalent pétrole, soit moins de la moitié des 7,49 dollars observés en 2022, en raison de la diminution des investissements sur les infrastructures gazières.
En revanche, les coûts d’exploitation ont connu une tendance contraire. Pour le pétrole, le coût unitaire a légèrement augmenté, passant de 10,43 à 10,78 dollars le baril, en raison d’une combinaison de hausse des dépenses opérationnelles et d’une légère baisse de la production. Le secteur gazier a suivi le même schéma, Sanaga Sud affichant désormais un coût d’exploitation de 1,82 dollar par baril équivalent pétrole, contre 1,28 dollar l’année précédente.
Ces évolutions traduisent une année contrastée pour l’industrie camerounaise des hydrocarbures. Si les coûts techniques ont baissé grâce à la limitation des investissements, la maturité des champs existants et l’augmentation des coûts d’exploitation exercent une pression sur la rentabilité. Les opérateurs doivent désormais composer avec des gisements vieillissants, des coûts opérationnels en hausse et des exigences accrues pour maintenir la production et la compétitivité.
Le rapport de la SNH souligne ainsi les défis croissants du secteur : concilier optimisation des dépenses, maintien de la production et préparation des futures phases d’exploration dans un contexte où l’efficience et la rentabilité deviennent des impératifs pour assurer la durabilité des ressources pétrolières et gazières du Cameroun.
Tressy Chouente


