(LVDE) — La société Opalm a dévoilé un ambitieux projet de construction de cinq usines de production d’huile de palme au Cameroun, avec un démarrage des travaux prévu pour le premier trimestre 2026. Cette initiative vise à combler une partie importante du déficit national en huile de palme tout en stimulant l’économie locale.
Dans le cadre de cette stratégie destinée à renforcer la production nationale, Opalm a annoncé le lancement de la construction de la première usine dans le département du Nyong-et-Ékellé, dans la région du Centre. Les travaux débuteront au premier trimestre 2026 pour une mise en service attendue au troisième trimestre 2027. Cette unité constitue la première d’un programme de cinq usines que l’entreprise prévoit de déployer sur une période de cinq ans, dans les principaux bassins de production du pays.
Le projet représente un investissement global de 45 milliards FCFA et devrait générer 450 emplois directs ainsi qu’environ 1 200 emplois indirects, contribuant ainsi à l’amélioration des perspectives d’emploi dans les zones concernées.
Les annonces ont été faites le 22 décembre 2025, à l’occasion de la signature des documents juridiques encadrant le projet, dans les bureaux du Premier ministre à Yaoundé. Deux conventions d’investissement ont été paraphées : l’une entre Opalm et l’État du Cameroun, représenté par les ministres en charge de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie, et l’autre entre l’entreprise et l’Agence de promotion des investissements (API). Ces accords ouvrent droit à des incitations prévues par la loi camerounaise sur les investissements privés. Un cahier des charges a également été signé avec le ministère de l’Agriculture afin d’encadrer l’approvisionnement en noix de palme auprès des producteurs.
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Selon Tarek Daoud, directeur général d’Opalm, ce projet agro-industriel ambitionne non seulement d’accompagner l’État dans la structuration du secteur rural, mais surtout d’accroître significativement la production nationale d’huile de palme. Le Cameroun accuse en effet un déficit annuel estimé à 300 000 tonnes, et le programme d’Opalm devrait apporter environ 108 000 tonnes supplémentaires, soit une réduction d’environ 50 % du déficit.
Cette initiative répond à une contrainte majeure du secteur de la transformation, dont les unités industrielles n’exploitent actuellement que 40 à 50 % de leurs capacités, faute de matières premières suffisantes. Pour Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture, la contribution d’Opalm pourrait permettre à ces industries de fonctionner à plein régime et offrir de nouvelles perspectives de croissance à la filière.
Au-delà de la relance de l’industrie oléagineuse, le projet s’inscrit pleinement dans la politique d’import-substitution prônée par le gouvernement camerounais. En développant la production locale, il vise à réduire les importations d’huile de palme, estimées à près de 100 milliards FCFA par an, contribuant ainsi à l’amélioration de la balance commerciale du pays.
En définitive, l’initiative d’Opalm pourrait marquer un tournant majeur pour la filière huile de palme au Cameroun, en favorisant la création d’emplois, la valorisation des producteurs locaux et le renforcement de l’autosuffisance alimentaire.
Amélie Yandal



