Signature de l'accord de financement entre Achille Bassilekin III, Ministre des PME et Amadou Haman, Directeur général adjoint de la BC-PME
(LVDE) – Ce financement signé à Yaoundé, entre le ministère des Petites et Moyennes Entreprises (Minpmeesa) et la Banque camerounaise des PME (BC-PME), destiné à renforcer la production agricole, pastorale et halieutique, marque une étape clé dans la stratégie nationale d’import-substitution et de modernisation des filières locales.
Le 4 décembre 2025, dans une salle du ministère des Petites et Moyennes Entreprises où régnait une certaine effervescence, le ministre Achille Bassilekin III et le directeur général adjoint de la BC-PME, Amadou Haman, ont apposé leurs signatures sur un accord qui pourrait accélérer la transformation du secteur agropastoral. L’État y engage 1,5 milliard FCFA, une somme destinée à redonner de l’élan aux TPE et PME engagées dans la production et la transformation locales. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du vaste Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH), lancé pour réduire la dépendance du pays vis-à-vis des produits importés et encourager une montée en gamme des entreprises rurales.
Le financement est méticuleusement distribué. Une première poche de 330 millions FCFA est allouée aux petites unités artisanales de transformation agroalimentaire, dont beaucoup peinent encore à moderniser leurs équipements. La part la plus importante, soit 930 millions FCFA, servira à ériger trois unités collectives pilotes, imaginées comme des plateformes où différents acteurs locaux pourront mutualiser machines et expertises pour accroître leur productivité. À cela s’ajoute un montant de 240 millions FCFA, réservé à l’achat de pressoirs performants pour les coopératives de palmiculteurs, un secteur clé mais encore marqué par de faibles rendements.
La BC-PME assurera la sélection des projets, mais aussi l’accompagnement technique des bénéficiaires. Les crédits seront proposés à un taux préférentiel ne dépassant pas 4 %, un taux quasi inédit dans un environnement où l’accès au financement constitue encore un frein majeur pour les petits producteurs. La banque aura également la charge de suivre l’évolution réelle des investissements afin de mesurer l’impact sur les chaînes de valeur ciblées, notamment en matière de volumes transformés et de création d’emplois.
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Cette enveloppe n’est qu’une étape d’un dispositif plus large. Dès 2026, une nouvelle dotation de 1,6 milliard FCFA est annoncée pour amplifier le soutien aux entrepreneurs ruraux. Un guichet spécial destiné aux jeunes sera également ouvert, afin de faciliter l’arrivée d’une nouvelle génération dans les métiers de l’agriculture, de l’économie sociale et de l’artisanat, un enjeu jugé stratégique par les autorités face au vieillissement des acteurs du secteur.
Porté par une ambition nationale forte, le PIISAH représente un investissement colossal estimé à 1 500 milliards FCFA sur trois ans. Le gouvernement affirme avoir déjà mobilisé 800 milliards, soit un peu plus de la moitié des fonds prévus. Pour la seule année 2025, les ressources injectées dans l’agriculture et ses filières connexes atteignent 511,63 milliards FCFA, contre 248,49 milliards en 2024, preuve d’une accélération nette des efforts publics. Le programme table sur une montée à 611,4 milliards FCFA en 2026 pour poursuivre la modernisation des filières du riz, du maïs, du poisson et d’autres productions stratégiques.
Dans les couloirs du ministère, l’atmosphère de la signature laissait transparaître un mélange d’espoir et de détermination. Pour les petites entreprises qui constituent l’essentiel du tissu productif du Cameroun, cette nouvelle injection financière apparaît comme une bouffée d’air frais, alors que le pays tente de bâtir une économie agricole plus autonome, plus compétitive et tournée vers la transformation locale.
Raphael Mforlem


