Aliko Dangote, operateur économique et homme d'affaires nigérian
(LVDE) – Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a subi une perte de 1,5 milliard de dollars en novembre 2025, due à une forte dépréciation de ses actifs, principalement ceux de Dangote Cement. Malgré cette contraction, son empire continue d’investir dans des projets ambitieux sur le continent.
Le mois de novembre 2025 s’avère particulièrement difficile pour Aliko Dangote. En l’espace de quelques semaines, sa fortune, initialement évaluée à 30,6 milliards de dollars, soit environ 17,4 trillions FCFA au début du mois, a chuté à 29,1 milliards de dollars, soit près de 16,6 trillions FCFA au 25 novembre. Cette baisse représente une diminution d’environ 1,5 milliard de dollars, soit environ 850 milliards FCFA.
Cette perte est surtout due à la dévaluation des actions de Dangote Cement, qui constitue le pilier de son empire et son principal actif coté en bourse. La participation d’Aliko Dangote de 87,45 % dans l’entreprise a enregistré une chute significative de sa valeur boursière. Début novembre, cette dernière était estimée à 6,7 milliards de dollars, soit près de 3,8 trillions FCFA, mais est tombée à environ 5,3 milliards de dollars, soit environ 3,0 trillions FCFA, entraînant une perte d’environ 1,4 milliard de dollars, soit près de 800 milliards FCFA. L’action de Dangote Cement a vu son cours baisser de plus de 19 %, passant de 660 à 534,6 nairas, approximativement 209 FCFA.
Ce retournement est d’autant plus surprenant que Dangote Cement a récemment publié des résultats financiers parmi les meilleurs de son histoire. Pour les neuf premiers mois de 2025, la société a enregistré un bénéfice de 743,3 milliards de nairas, soit environ 291 milliards FCFA, une performance quasi triplée par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires, ainsi que les exportations vers des pays comme le Cameroun, le Ghana et la République Démocratique du Congo, montrent une belle dynamique de croissance. Ainsi, la chute du cours semble davantage être le résultat de décisions de marché que d’éventuelles difficultés opérationnelles ou de gestion.
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Cependant, malgré la turbulence boursière, le groupe Dangote reste déterminé à poursuivre son expansion avec des projets d’envergure sur le continent africain. Début novembre 2025, un accord d’investissement de 1 milliard de dollars, soit près de 569 milliards FCFA, a été signé avec le Zimbabwe pour construire une nouvelle usine d’engrais ainsi qu’un pipeline de 2 000 kilomètres reliant Walvis Bay, en Namibie, à Bulawayo, au Zimbabwe. Ce projet vise à transformer l’approvisionnement énergétique et agricole de l’Afrique australe.
De plus, Dangote Fertilizer Limited a collaboré avec l’entreprise allemande thyssenkrupp Uhde pour améliorer sa capacité de production d’urée au Nigeria, incorporant des technologies de pointe dans ses opérations.
Dans le secteur du sucre, Dangote ne reste pas inactif non plus. Avec un programme d’investissement dépassant 700 millions de dollars, soit environ 398 milliards FCFA, il projette de moderniser ses plantations et ses équipements, tout en améliorant les infrastructures et en mettant en place des initiatives de formation pour les communautés locales. Déjà leader africain avec une production de 1,44 million de tonnes de sucre par an, Dangote Sugar a rapporté un chiffre d’affaires de 626,24 milliards de nairas, soit environ 244,8 milliards FCFA, au cours des neuf premiers mois de 2025, en forte hausse par rapport à l’année précédente.
Outre les fluctuations de sa fortune personnelle, dont la récente volatilité est le résultat d’un environnement boursier défavorable, les entreprises de Dangote affichent une robustesse financière remarquable. Les développements continus dans les domaines du ciment, des engrais, du sucre et des infrastructures renforcent la position de Dangote en tant qu’acteur clé du paysage économique africain. Malgré la tempête actuelle, ses investissements à long terme et sa capacité d’adaptation laissent augurer un avenir prometteur pour cet empire industriel.
Amélie Yandal


