Louis Paul Motaze, Ministre des Finances du Cameroun
(LVDE) – Selon les dernières données publiées par la Chambre des comptes, les statistiques révèlent une diminution des subventions accordées aux entreprises au Cameroun, avec une baisse significative de 20 % pour les entreprises publiques et de 30 % pour les entreprises privées en 2024. Cette révision budgétaire témoigne d’un changement dans les priorités financières du pays, en réponse aux fortes contraintes de trésorerie.
Le gouvernement camerounais a récemment annoncé une baisse notable des subventions accordées aux entreprises publiques et privées pour l’année 2024. Selon les derniers chiffres publiés par la Chambre des comptes, les dotations pour ces entités diminuent drastiquement, illustrant un recentrage des priorités budgétaires dans un contexte économique tendu. En 2024, les subventions aux entreprises publiques chutent à 14,06 milliards FCFA, contre 17,68 milliards FCFA en 2023, soit une contraction de 3,62 milliards FCFA, ce qui représente une baisse de 20 %.
Les entreprises privées subissent une réduction encore plus sévère : leurs subventions passent de 20,31 milliards FCFA à 14,51 milliards FCFA, marquant une diminution de 5,8 milliards FCFA, ou 30 %. Ces tendances révèlent un resserrement de l’appui gouvernemental, signe que les arbitrages budgétaires deviennent plus stricts alors même que des besoins criants demeurent.
L’engagement de l’État camerounais dans divers secteurs, que ce soit le primaire, le secondaire ou le tertiaire, n’a pas toujours abouti aux résultats escomptés. De nombreuses entreprises publiques affichent des pertes récurrentes, nécessitant des recapitalisations et des interventions financières qui grèvent le budget national. Un rapport annexé à la loi de finances de 2021 avait déjà souligné que les 44 entreprises publiques du pays avaient enregistré des pertes cumulées de 224 milliards FCFA entre 2017 et 2019.
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Pour pallier cette situation préoccupante, une circulaire présidentielle récente a souligné la nécessité d’un encadrement plus rigoureux des subventions. « La subvention de fonctionnement accordée aux établissements publics devra être évaluée en tenant compte de leurs besoins réels et de l’exécution de leurs budgets précédents », précise le document. De plus, les ministres devront soumettre au président de la République un rapport annuel concernant la situation des établissements sous leur tutelle.
Les institutions financières ne sont pas en reste, leurs subventions diminuant légèrement, passant à 390 millions FCFA en 2024, contre 511,75 millions FCFA en 2023, soit une baisse de 121,75 millions FCFA. Cette contraction indique aussi un changement vers une approche plus selective dans l’octroi des aides.
À contre-courant de cette tendance générale, d’autres catégories de bénéficiaires bénéficient d’un soutien renforcé. Les fonds alloués à ces entités augmentent de 4,97 milliards FCFA, atteignant un total de 14,06 milliards FCFA en 2024, contre 9,09 milliards FCFA l’année précédente. Ce phénomène suggère un développement ou une intensification ciblée des subventions, marquant une orientation vers des allocations plus stratégiques, mieux alignées avec les priorités établies par le gouvernement.
Au-delà des chiffres, cette révision budgétaire témoigne d’une volonté de rationaliser les dépenses publiques et de repositionner les aides selon des critères de performance plus exigeants. Le Cameroun, en quête de solutions viables face à des incertitudes économiques, se dirige ainsi vers une politique de subventions renouvelée, visant à soutenir de manière plus ciblée les secteurs clés tout en optimisant la gestion de ses ressources financières. Alors que la situation économique mondiale reste volatile, ces ajustements apparents dessinent les contours d’une stratégie ambitieuse pour nourrir le développement durable du pays.
Esther Grace


