BGFIBank Guinée Equatoriale
(LVDE) – Selon le récent rapport de l’Institut national de la statistique de Guinée Équatoriale (Inege), Bange Bank et BgfiBank détiennent ensemble plus de 60 % des dépôts sur un marché bancaire excessivement concentré. Malgré une légère expansion du réseau, cette situation soulève des préoccupations quant à la concurrence et à l’inclusion financière dans le pays.
L’analyse du dernier rapport de l’Institut national de la statistique de Guinée Équatoriale (Inege) révèle la concentration inquiétante du secteur bancaire dans ce pays. En 2024, six banques commerciales détiennent plus de 95 % des actifs financiers, soulignant le pouvoir prédominant d’établissements comme Ccei Bank, Bange Bank, Société Générale, BgfiBank, Comercial Bank GE et Ecobank. Ces acteurs historiques, aux racines bien ancrées dans le paysage financier, maintiennent un contrôle puissant, rendant difficile l’entrée de nouveaux concurrents, malgré les efforts de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) pour assouplir le cadre réglementaire.
Bien que le nombre total d’agences bancaires soit passé à 64, en hausse par rapport aux 52 de 2022, cette croissance profite principalement aux deux poids lourds du secteur. Ensemble, Bange Bank et BgfiBank cumulent plus de 60 % des dépôts et pratiquement 70 % des crédits accordés aux entreprises privées. Cette oligopole se traduit par une concurrence très limitée, avec des marges d’intermédiation parmi les plus élevées de la zone Cemac, affichant un taux d’intérêt supérieur à 12 % pour les prêts aux entreprises.
Dans le secteur des assurances, le constat est similaire. Cinq compagnies dominent le marché, mais le portefeuille reste encore faible. Le taux de pénétration des assurances est inférieur à 2 % du produit intérieur brut (PIB), très en-deçà de la moyenne régionale. Les contrats d’assurance se concentrent principalement sur l’automobile, la santé et le bâtiment, tandis que l’assurance vie demeure marginale. En 2024, les primes d’assurance émises ont totalisé 28,4 milliards FCFA, enregistrant une modeste augmentation de 4,2 % selon les derniers chiffres de l’Inege.
Les banques du pays affichent des bilans relativement sains, mais cette concentration soulève des interrogations quant à la viabilité de leur modèle économique à long terme. Parallèlement, le secteur de l’assurance peine à trouver des moteurs de croissance. Cependant, une lueur d’espoir émane de la digitalisation des services financiers. L’essor du mobile money, avec le nombre de comptes actifs grimpant de 53 000 à 81 000 en un an, pourrait transformer le paysage financier. Si la régulation suit ce développement, elle pourrait favoriser l’inclusion financière dans un pays où plus de 60 % de la population est encore non bancarisée.
L’émergence d’un secteur bancaire plus diversifié et accessible pourrait véritablement redonner vie à l’économie équatoguinéenne. Les acteurs traditionnels doivent s’adapter à cette révolution technologique pour répondre à la demande croissante de services financiers accessibles et variés. Les mois à venir s’annoncent cruciaux pour observer comment cette dynamique évoluerait et si elle pourra rompre avec la concentration actuelle qui caractérise le marché. En définitive, la richesse d’un système financier dépend souvent de sa capacité à évoluer et à intégrer tous les segments de la population. La Guinée Équatoriale se trouve à un carrefour décisif dans cette quête d’un avenir financier inclusif et prospère.
Tressy Chouente



