(LVDE) – Cette décision stratégique, qui réduit le réseau de Ceca-Gadis de plus de 100 à environ 60 magasins, a été approuvée lors du dernier conseil d’administration et suscite des inquiétudes quant à l’accès aux produits de première nécessité dans certaines régions du pays.
Acteur majeur de la grande distribution au Gabon, le groupe Ceca-Gadis, a récemment annoncé la fermeture de 43 de ses magasins répartis sur l’ensemble du territoire national. Cette rationalisation, qui ramène le nombre de points de vente à environ 60, a été validée par le conseil d’administration de l’entreprise. Ce bouleversement est particulièrement significatif, car Ceca-Gadis a longtemps été perçu comme l’un des seuls distributeurs capables de garantir une couverture adéquate du marché gabonais. Les provinces de l’Estuaire, du Haut-Ogooué, de la Ngounié et de la Nyanga sont parmi les plus touchées par cette contraction du réseau.
La direction générale a expliqué que cette restructuration découle d’une détérioration structurelle des performances économiques de l’entreprise, qui s’est intensifiée depuis la suppression d’un dispositif d’accompagnement gouvernemental en 2018. Ce mécanisme, actif depuis 1967, permettait à Ceca-Gadis de réguler les prix tout en maintenant une présence dans les zones rurales et isolées. Avec l’abandon de ce soutien, le groupe a enregistré une chute de son résultat net, estimée à -18 % en 2024, alors qu’il tentait de maintenir son réseau face à une baisse continue de son chiffre d’affaires.
Ce processus de fermeture coïncide avec l’entrée de l’État gabonais dans le capital de Ceca-Gadis, à hauteur de 35 %, par l’intermédiaire de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Cette prise de participation, intervenue en 2024, s’inscrit dans une stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté alimentaire et à promouvoir le « Made in Gabon ». Pour les autorités, le réseau Ceca-Gadis représente un atout essentiel pour structurer les circuits d’écoulement des produits locaux et soutenir le développement régional.
Cependant, la diminution du nombre de magasins soulève des préoccupations concernant l’accès aux biens de première nécessité dans de nombreuses localités, notamment celles qui dépendent de circuits de distribution longue distance. Le groupe fait face depuis plusieurs années à l’augmentation de ses coûts logistiques, aggravés par des infrastructures routières insuffisantes dans certaines régions. Les fermetures pourraient ainsi compliquer l’approvisionnement dans des zones déjà vulnérables, un aspect que les autorités doivent prendre en compte dans le suivi de cette réorganisation.
Ce réajustement est présenté par la direction comme une étape nécessaire pour rétablir l’équilibre financier et se concentrer sur les points de vente les plus rentables. Malgré ces difficultés, Ceca-Gadis affirme vouloir maintenir son rôle clé dans l’économie nationale. L’entreprise mise sur un recentrage stratégique, un soutien renouvelé de l’État et une amélioration de la qualité de son offre locale. Après plusieurs années de baisse de ses performances, le groupe reste optimiste et pense encore disposer de marges de manœuvre pour redresser sa situation, à condition d’adapter son modèle économique et d’accroître ses investissements dans les segments les plus prometteurs.
Avec cette réorganisation, Ceca-Gadis aspire à renforcer sa position dans un marché de la grande distribution en pleine mutation, tout en répondant aux besoins croissants de la population gabonaise. Les prochains mois seront cruciaux pour cette entreprise emblématique, qui doit naviguer entre la nécessité de rentabilité et l’engagement social qui l’a longtemps caractérisée. Le défi de conjurer la fermeture des magasins tout en garantissant une distribution efficace des produits de première nécessité sera au cœur de ses priorités.
Sorelle Ninguem



