(LVDE) – Réunies lors du Forum mondial Bloomberg Philanthropies, 17 nations africaines ont lancé des initiatives ambitieuses pour étendre l’accès à l’électricité. Dans le cadre de la « Mission 300 », ces pays visent à fournir une électricité fiable à 300 millions de personnes d’ici 2030, avec le soutien de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.
Le 26 septembre 2025, une avancée significative a été réalisée dans la quête d’une électrification généralisée en Afrique. Dix-sept pays, dont le Cameroun, se sont engagés à élaborer des plans nationaux ambitieux dans le cadre de la « Mission 300 ». Cette initiative, lancée conjointement par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), aspire à fournir une électricité durable et fiable à 300 millions de personnes d’ici la fin de la décennie.
Les dirigeants de pays tels que le Bénin, le Botswana, le Burundi et la Gambie se sont réunis lors du Forum mondial Bloomberg Philanthropies pour présenter leurs « pactes nationaux pour l’énergie ». Ces documents stratégiques, élaborés avec l’assistance de partenaires de développement, visent à transformer les secteurs énergétiques nationaux en attirant des investissements privés et en construisant les infrastructures nécessaires.
Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, a souligné l’importance cruciale de l’électricité pour le développement économique. « L’électricité est le fondement de l’emploi, des opportunités et de la croissance », a-t-il affirmé, en précisant que la Mission 300 représente une réforme systémique visant à réduire les coûts, renforcer les entreprises publiques d’électricité et mobiliser des investissements privés.
Les pactes nationaux, au cœur de la Mission 300, se déclinent en trois axes fondamentaux : la mise à niveau des infrastructures, la recherche de financements adéquats et la mise en œuvre de politiques publiques adaptées. Ces plans d’action, conçus pour répondre aux spécificités de chaque pays, se concentrent sur la réduction des goulets d’étranglement dans le secteur de l’électricité et sur la préparation d’une électrification universelle.
Depuis son lancement, la Mission 300 a déjà permis d’électrifier environ 30 millions de personnes, et plus de 100 millions d’autres devraient bénéficier des projets en cours. Sidi Ould Tah, président de la BAD, a déclaré : « L’accès à une énergie fiable et abordable est crucial pour stimuler l’entrepreneuriat, le numérique, l’agriculture et l’industrie. C’est la clé pour libérer le potentiel économique de la jeunesse africaine. »
Les chefs d’État présents ont exprimé leur détermination à agir concrètement. Les engagements varient d’un pays à l’autre, allant d’un passage massif aux énergies renouvelables, comme l’ont annoncé le Cameroun et le Kenya, à la mobilisation d’investissements privés, comme prévu par Sao Tomé-et-Principe et le Togo. Par ailleurs, la République du Congo a mis l’accent sur l’électrification des zones industrielles.
Le président camerounais, Paul Biya, a déclaré : « À travers notre Compact pour l’énergie, nous nous engageons fermement vers les énergies renouvelables, en promouvant un accès universel inclusif et un développement durable fondés sur des partenariats et des réformes ambitieuses pour bâtir un avenir bas carbone. »
En début d’année, une première vague de pays, comprenant le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Tanzanie, avait également adopté des pactes similaires. À ce jour, les 28 pays engagés totalisent plus de 400 mesures, démontrant une volonté collective de transformation énergétique en Afrique.
Ce mouvement vers une électrification durable représente non seulement une opportunité pour les pays africains, mais aussi pour le continent dans son ensemble. La « Mission 300 » pourrait bien être le catalyseur dont l’Afrique a besoin pour sortir de l’obscurité et embrasser une ère de prospérité éclairée par une énergie accessible à tous.
Anatole Bidias


