Olivier Mekulu Mvondo, Director General of the National Social Insurance Fund (CNPS)
(LVDE) – Le 11 septembre 2025, à Yaoundé, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) a scellé un partenariat avec le groupe indien Arise Integrated Industrial Platforms (Arise IIP). Cette collaboration prévoit la mise en place de projets industriels majeurs au Cameroun, avec des répercussions significatives sur l’emploi et la croissance économique.
Dans un tournant décisif pour l’industrie camerounaise, la CNPS et Arise IIP ont établi un partenariat prometteur, marquant une avancée dans la transformation du secteur coton et la création d’un hub industriel. Bien que le montant total des investissements reste confidentiel, la direction de la CNPS évoque la création d’environ 15 000 emplois et une contribution au PIB nationale estimée entre 0,5 et 0,7 %. Ce projet s’inscrit dans une volonté affichée de redynamisation de la filière coton, souvent perçue comme une ressource sous-exploitée.
Le premier projet phare consiste en la construction d’une usine de transformation du coton, destinée à produire localement des articles variés tels que des pagnes, vêtements, draps et serviettes. Actuellement, la filière se concentre principalement sur l’exportation de fibre brute, limitant ainsi la valeur ajoutée générée sur le territoire. L’implantation de cette usine dans la Zone industrialo-portuaire de Dibamba, un site de 517 hectares, vise à désengorger le port de Douala tout en soutenant la stratégie nationale d’industrialisation.
La zone industrielle, dont le coût de développement s’élève à environ 230 milliards FCFA, a déjà vu ses travaux débuter par Arise IIP le 24 juillet 2025. L’arrivée de la CNPS comme partenaire stratégique renforce l’ambition de créer un écosystème industriel robuste au Cameroun. Selon des experts, cette initiative pourrait transformer le paysage industriel du pays, en redéfinissant les chaînes de valeur et en stimulant l’économie locale.
Au-delà du projet coton, la CNPS envisage également la création d’une plateforme logistique destinée à la réception et au stockage de conteneurs. Cette installation devrait avoir la capacité de traiter près de 4 millions de m³ par an, représentant environ un tiers de la capacité actuelle du port de Douala. De plus, plus de 100 hectares seront réservés pour de nouvelles unités de production et de transformation, avec une possibilité d’extension à 220 hectares. Ce développement s’inscrit dans une volonté d’attirer d’autres industries afin de faire de Dibamba un véritable centre régional de production et d’exportation.
L’engagement de la CNPS dans ce projet témoigne d’une stratégie double : sécuriser ses investissements tout en jouant un rôle actif dans la transformation économique du pays. Son directeur général souligne que cet investissement représente une opportunité aux garanties économiques et sociales solides, tout en assurant une liquidité et une sécurité essentielles pour la pérennité de la sécurité sociale au Cameroun.
Les travaux liés aux trois conventions signées devraient être réalisés dans un délai de 24 mois. Si ce calendrier est respecté, le Cameroun pourrait franchir une étape significative dans l’industrialisation de ses secteurs stratégiques, notamment celui du coton. Cela permettrait également de renforcer sa souveraineté logistique et de stimuler l’attractivité du pays pour les investissements industriels étrangers.
Cette nouvelle dynamique pourrait ainsi redessiner les contours de l’économie camerounaise, en favorisant un développement durable et inclusif. Les attentes sont grandes, tant du côté des acteurs locaux que des investisseurs étrangers, et l’issue de ce partenariat sera scrutée de près, tant pour ses impacts économiques que sociaux.
Raphael Mforlem


