(LVDE) – Cette initiative, qui vise à réduire la dépendance aux importations, s’inscrit dans le cadre du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (Piisah).
Le 14 août 2025, le Ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a signé des accords avec plusieurs entités publiques pour renforcer la politique d’import-substitution du pays. Ce soutien financier de 13,55 milliards FCFA vise à dynamiser la production locale et à améliorer la situation de la balance commerciale du Cameroun, qui a montré des signes encourageants ces derniers temps.
Au total, sept structures ont été retenues pour bénéficier de cet accompagnement. Parmi elles figurent la Banque camerounaise des PME, l’Unvda, l’Irad, l’Office Céréalier, la Sodepa ainsi que les projets Viva-Logone et Viva-Bénoué. Ce financement se décompose comme suit : 9,2 milliards FCFA sont alloués à la Banque camerounaise des PME pour soutenir les acteurs privés dans la production des denrées ciblées par le Piisah, tandis que 4,3 milliards FCFA sont destinés aux autres structures pour augmenter la production de riz, de céréales et de semences.
Le ministre a souligné que la signature de ces accords représente une étape clé pour atteindre les objectifs du Piisah. Ce programme, annoncé par le Chef de l’État, Paul Biya, lors de son discours de fin d’année en 2023, vise à transformer l’économie nationale sur la période 2024-2026. L’objectif principal est de réduire le déficit commercial en remplaçant les produits importés par des produits locaux, en se concentrant sur des denrées essentielles telles que le riz, le blé et le lait.
Les résultats récents indiquent une amélioration significative de la balance commerciale. Le rapport économique de 2024 révèle que le déficit est passé de presque 600 milliards FCFA en 2023 à environ 250 milliards FCFA en 2024. Cette tendance positive est le fruit des efforts conjoints des pouvoirs publics et des acteurs économiques.
Le Piisah se décline en trois axes principaux. Le premier concerne la sécurisation et l’aménagement des périmètres hydro-agricoles. À ce jour, 200 000 hectares de terres ont été sécurisés sur les 400 000 prévus, permettant la culture de diverses denrées. Par ailleurs, 2,3 millions d’hectares de périmètres hydro-agricoles ont été aménagés, avec la construction de 21 barrages pour soutenir les activités agropastorales.
Le second axe porte sur l’amélioration de la production et de la commercialisation. Les résultats sont encourageants : 600 000 tonnes de semences de riz ont été produites, ainsi que près de 2,5 millions de tonnes d’engrais mises à disposition. De plus, des centres d’insémination artificielle sont en cours de construction, ce qui devrait renforcer les filières bovine et laitière.
Enfin, le troisième axe se concentre sur l’accès à la recherche et au financement. Une cinquantaine de PME ont été accompagnées pour répondre aux normes de qualité, et un guichet de refinancement a été créé pour soutenir les chaînes de valeur de l’élevage et de la pisciculture. De plus, des formations ont été dispensées aux promoteurs sur l’étiquetage et le conditionnement des produits « Made in Cameroon ».
Ainsi, l’initiative du gouvernement camerounais représente une opportunité significative pour le pays de renforcer sa souveraineté alimentaire, de créer des emplois pour la jeunesse et de s’intégrer davantage dans les chaînes de valeur régionales. Le chemin reste encore long, mais les mesures mises en place pourraient bien transformer l’économie nationale et offrir un avenir plus prospère aux Camerounais.
A.B.


