(LVDE) – C’est dans le cadre de la dixième phase du démantèlement tarifaire de l’Accord de partenariat économique (APE) entre le Cameroun et l’Union européenne, entrée en vigueur le 5 août 2025, que cette baisse des droits de douane sur divers produits est observée.
Le 5 août 2025 a marqué un tournant dans les relations commerciales entre le Cameroun et l’Union européenne, avec l’entrée en vigueur de la dixième phase du démantèlement tarifaire prévu par l’Accord de partenariat économique (APE). Cette nouvelle étape, qui concerne les produits du troisième groupe, a entraîné une réduction significative de 60 % des droits de douane, une hausse par rapport à la réduction de 50 % appliquée l’année précédente.
Les implications de cette mesure sont larges, touchant des secteurs clés tels que les véhicules utilitaires, les carburants, les ciments, ainsi que les peintures et emballages industriels. Ce processus de décote s’inscrit dans un cadre progressif, avec une réduction de 10 % par an, visant une exonération totale d’ici 2030. Depuis l’entrée en vigueur de l’APE en 2016, les droits de douane sur les matières premières et les produits intermédiaires ont déjà été complètement supprimés, mais le Cameroun doit faire face à des défis économiques considérables.
En effet, les retombées fiscales de cette politique sont préoccupantes. Selon le ministère de l’Économie, les pertes cumulées pour l’État se sont élevées à 88,3 milliards FCFA en 2024, un chiffre qui illustre les défis auxquels le pays est confronté. Les mesures d’accompagnement, qui devraient théoriquement compenser ces pertes par le soutien au développement industriel et aux entreprises locales, semblent encore loin d’être mises en œuvre efficacement.
Les données douanières révèlent que 80 % des 14 580 opérations d’importation effectuées en 2024 dans le cadre de l’APE ont été réalisées par de grandes entreprises. En revanche, les petites et moyennes entreprises (PME) n’ont capté qu’une part de 20 %, accentuant ainsi les déséquilibres structurels au sein du tissu économique camerounais. Ce constat soulève des questions sur l’équité du système, qui était censé renforcer la compétitivité de l’ensemble des acteurs économiques.
Cependant, l’APE a également eu des effets positifs, notamment une augmentation de 33 % des exportations camerounaises vers l’Union européenne depuis 2016. Cette dynamique a engendré la création d’emplois et des exonérations douanières d’environ 250 milliards FCFA pour les entreprises locales. Malgré ces réussites, il est essentiel de noter que ces bénéfices ne sont pas répartis de manière équitable. Les PME, qui devraient être au cœur de cette initiative, continuent de rester en marge du dispositif et n’en profitent pas pleinement.
Alors que le Cameroun se prépare à poursuivre son intégration dans le marché mondial, il devient crucial de revoir les mécanismes d’accompagnement pour garantir que les petites entreprises aient également accès aux opportunités offertes par l’APE. La mise en place de stratégies adaptées pour soutenir les PME pourrait non seulement favoriser leur croissance, mais aussi contribuer à rééquilibrer l’économie nationale.
A.B.



