David Bird, Directeur général de la division raffinage et pétrochimie
(LVDE) – La décision d’Aliko Dangote de nommer un ancien cadre de Shell au poste de directeur général, annoncée le 2 août 2025, s’inscrit dans une stratégie de croissance panafricaine, alors que la raffinerie de Lagos connaît une augmentation de sa production.
Le paysage pétrolier africain connaît un tournant avec l’arrivée de David Bird à la tête de la division raffinage et pétrochimie du groupe Dangote. Annoncée le 2 août 2025 et effective depuis le 1er août, cette nomination intervient à un moment crucial pour la raffinerie de Lagos, un complexe de 20 milliards de dollars qui est désormais la plus grande installation à train unique au monde. Avec une capacité de production de 650 000 barils par jour, cette raffinerie est devenue un acteur clé pour le continent africain, et Bird, fort de plus de 30 ans d’expérience dans le secteur, est appelé à jouer un rôle déterminant dans son développement.
David Bird a précédemment dirigé la raffinerie d’Oman et a été un pilier chez Shell pendant 14 ans, où il a supervisé des projets colossaux, notamment le projet Prelude Flng, d’une valeur de 12 milliards de dollars. Son expertise sera cruciale alors que la raffinerie de Lagos, mise en service en janvier 2024, cherche à résoudre divers problèmes opérationnels, y compris des défauts de conception qui ont affecté certaines unités. Bird a exprimé son ambition de non seulement améliorer l’efficacité de l’installation, mais aussi d’étendre la portée de l’entreprise à travers le continent.
Malgré une production en hausse, la raffinerie de Lagos a dû faire face à des défis opérationnels. Ces derniers ont conduit à une diversification des types de brut utilisés, afin de maximiser la productivité. Dans une récente publication sur LinkedIn, Bird a affirmé son engagement à optimiser les opérations et à renforcer la présence de Dangote sur le marché africain, en visant une augmentation de la capacité à 700 000 barils par jour.
Parallèlement, Dangote prévoit d’introduire en bourse son activité de raffinage sur les marchés de Lagos et de Londres, bien qu’aucun calendrier précis n’ait été fourni. En juillet, l’entreprise a exporté 220 000 barils par jour, principalement sous forme de kérosène et de gasoil, selon les données de S&P Global. Cette dynamique d’exportation souligne la volonté de Dangote de s’imposer non seulement sur le marché local mais aussi sur la scène internationale.
Outre l’augmentation de la capacité de la raffinerie, l’entreprise prévoit également de lancer une flotte de camions alimentés au gaz naturel comprimé (GNC) pour améliorer la distribution de ses produits à l’échelle nationale. Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de durabilité et d’efficacité logistique, cherchant à réduire l’empreinte carbone tout en répondant à la demande croissante.
Aliko Dangote, l’homme d’affaires le plus riche d’Afrique et fondateur du groupe, ne s’arrête pas là. Il cherche également à obtenir l’approbation réglementaire pour la construction d’un port en eau profonde dans l’État d’Ogun, projet essentiel pour soutenir la logistique de l’entreprise et faciliter les opérations d’importation et d’exportation.
Dans cette période de croissance rapide et d’expansion, David Bird représente un atout précieux pour Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals. Avec sa vaste expérience et sa vision stratégique, il est bien positionné pour relever les défis qui se présentent tout en capitalisant sur les opportunités offertes par le secteur pétrolier en plein essor en Afrique.
Anatole Bidias



