Abidjan, Cote d'Ivoire
(LVDE) – Cette performance réalisée par la Côte d’Ivoire résulte d’une gestion rigoureuse et d’une mobilisation efficace des ressources.
La Côte d’Ivoire se distingue par sa dynamique économique, comme en témoigne le récent rapport sur les recettes fiscales du pays. Au premier trimestre de l’année 2025, la nation a réussi à mobiliser des ressources totales s’élevant à 3707 milliards FCFA (environ 6,65 milliards de dollars), dépassant ainsi l’objectif initial fixé à 3200,7 milliards FCFA. Ce résultat impressionnant représente un taux de réalisation de 115,8 %, selon le communiqué du Conseil des ministres du 2 juillet 2025.
Cette performance remarquable s’explique par une amélioration significative dans la collecte des recettes fiscales et non fiscales, ainsi qu’une gestion efficace des dons extérieurs. Les recettes budgétaires, intégrant impôts, taxes diverses et dons, ont atteint 1647,8 milliards FCFA, tandis que les ressources de trésorerie se sont élevées à 2059,2 milliards FCFA. Ces chiffres témoignent d’une mobilisation réussie des ressources, essentielle pour le développement du pays.
Dans le même temps, l’État a effectué des dépenses totalisant 3600,3 milliards FCFA, atteignant un taux d’exécution de 111,1 %. Ces dépenses ont été judicieusement orientées vers des priorités nationales telles que l’investissement public, la sécurité, l’éducation et la santé, témoignant d’une volonté de répondre aux besoins fondamentaux de la population.
Cette performance budgétaire s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de mobilisation des recettes 2024-2028, qui ambitionne d’accroître les recettes fiscales et douanières tout en maintenant un niveau d’endettement modéré. Toutefois, des pistes d’amélioration demeurent. Actuellement, l’impôt sur les sociétés est fixé à 6 %, un taux considéré comme faible par rapport à d’autres pays africains. De même, l’écart de conformité de la TVA reste élevé, à 35 %, tandis que l’impôt foncier, avec seulement 4,6 % des recettes fiscales, reste marginal.
Malgré une tendance à la hausse des recettes fiscales ces dernières années, la Côte d’Ivoire est encore en deçà de son potentiel. Selon la stratégie nationale de mobilisation des recettes à moyen terme, le taux de pression fiscale est prévu de passer de 15,1 % du PIB en 2025 à 15,8 % en 2026, demeurant en dessous de l’objectif de 20 % fixé par le pacte de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
Ces résultats budgétaires positifs sont également corroborés par l’agence de notation Moody’s, qui a récemment relevé la note de crédit de la Côte d’Ivoire de Ba3 à Ba2 avec des perspectives stables. Cette décision reflète les efforts soutenus de l’État en matière de mobilisation des recettes intérieures, dans le cadre d’une stratégie budgétaire visant à réduire la dépendance à l’endettement extérieur.
En somme, la Côte d’Ivoire se positionne résolument sur la voie d’une gestion budgétaire efficace, bien que des défis subsistent. La capacité du pays à maintenir cette dynamique de croissance et à atteindre ses objectifs de recettes sera cruciale pour son développement économique futur. Les mois à venir seront déterminants pour voir si cette tendance positive se consolide et si les autorités parviennent à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour maximiser le potentiel fiscal du pays.
Sorelle Ninguem


