(LVDE) – Dénommée TchadElec, la nouvelle entité remplaçant la Société nationale d’électricité (SNE) a pour objectif de résoudre les problèmes chroniques d’approvisionnement en électricité qui affectent le quotidien des Tchadiens.
Au Tchad, le paysage énergétique connaît un bouleversement significatif avec l’établissement de TchadElec, une nouvelle société entièrement détenue par l’État. Cette décision, prise le 7 juillet 2025, résulte du décret qui déchu la Société nationale d’électricité (SNE) de son rôle d’exploitant principal du secteur électrique. Depuis sa création en 2011, la SNE a été critiquée pour sa gestion inefficace, qui a conduit à des pénuries d’électricité persistantes dans tout le pays.
Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a exprimé des préoccupations majeures concernant la gestion de la SNE, affirmant que les millions de dollars injectés par l’État n’ont pas été utilisés de manière appropriée. « Ils se sont enrichis sur le dos de l’État. Ce n’est pas un problème de moyens ou de volonté politique, mais bien de gestion », a-t-il déclaré avec fermeté. Les lacunes dans la gestion de la SNE sont corroborées par un rapport du ministère de l’Énergie, qui a mis en lumière des irrégularités, telles que des recrutements aléatoires, des employés sans qualifications adéquates, et des problèmes de double emploi.
La création de TchadElec est accueillie avec un mélange d’espoir et de scepticisme parmi la population. Beaucoup espèrent que cette nouvelle entité saura redresser la situation et garantir un approvisionnement électrique fiable. Toutefois, certains Tchadiens craignent que ce changement ne soit qu’une simple rebranding, sans véritable impact sur la gestion des infrastructures. Ces préoccupations sont amplifiées par l’historique de la SNE et par le besoin urgent d’améliorer les services.
L’électricité au Tchad est un enjeu majeur. Les coupures fréquentes et les pénuries persistent, affectant non seulement les ménages, mais également le secteur économique. En réponse à cette crise, le gouvernement a lancé en juillet 2024 un programme d’accélération de l’électrification, doté d’un budget de 460 millions de dollars, financé par la Banque mondiale. Ce programme ambitionne d’assurer un accès à l’énergie pour 53 % de la population d’ici 2030, soulignant l’urgence de la situation.
La création de TchadElec intervient donc dans un contexte où l’État cherche à stabiliser le réseau électrique et à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions publiques. Le chef de l’État a réaffirmé son engagement à améliorer l’accès à l’électricité, soulignant que des mesures concrètes seront prises pour garantir une gestion plus rigoureuse et transparente.
Les enjeux sont considérables, et la réussite de TchadElec sera scrutée de près. La population attend des résultats tangibles, espérant que ce nouveau départ marquera la fin des coupures récurrentes d’électricité et ouvrira la voie à un avenir énergétique plus prometteur. Le défi est immense, mais le gouvernement tchadien semble déterminé à transformer la situation en faveur de ses citoyens, en espérant que cette initiative soit le catalyseur d’un changement durable dans le secteur de l’énergie au Tchad.
Sorelle Ninguem


