(LVDE) – Le 15 juillet 2025, le troisième Africa Economic Symposium s’est conclu à Rabat, rassemblant décideurs, experts et entrepreneurs pour redéfinir les enjeux économiques du continent face aux mutations mondiales.
Les 14 et 15 juillet 2025, Rabat la capitale tunisienne a été le théâtre de la troisième édition de l’Africa Economic Symposium (AES), orchestrée par le Policy Center for the New South. Pendant deux jours, des acteurs clés du monde économique africain se sont réunis pour échanger sur les défis et opportunités qui se dessinent dans un contexte géoéconomique incertain. Sous le thème « Des choix audacieux face aux mutations mondiales », cet événement a mis en lumière les enjeux pressants auxquels le continent est confronté, notamment l’inflation persistante, le ralentissement des investissements, la crise climatique et les tensions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement.
Les discussions ont été structurées autour de cinq priorités essentielles qui ont suscité des débats animés parmi les participants. Tout d’abord, le financement de la transition verte et énergétique a été identifié comme un axe crucial. L’Afrique, particulièrement exposée aux impacts du changement climatique, doit développer des infrastructures durables tout en naviguant dans une instabilité macroéconomique.
En second lieu, la nécessité de réformes fiscales et de mobilisation des ressources internes a été soulignée. Face à l’augmentation des coûts d’accès au crédit international, les États africains doivent renforcer leurs capacités fiscales et élargir leur base de recettes domestiques pour soutenir leurs économies.
L’intégration économique régionale et l’industrialisation représentent également des enjeux majeurs. Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) entre dans une phase critique, son succès dépendra de la mise en œuvre de projets industriels communs, sans quoi elle risque de stagner.
La question de l’inclusion financière et de la transformation numérique a également été au cœur des échanges. Bien que la digitalisation offre des perspectives de productivité, elle pose également des défis en matière de cybersécurité et de fragmentation technologique.
Enfin, le Symposium a souligné l’importance de développer de nouveaux partenariats de développement. La nécessité de redéfinir les relations avec les bailleurs de fonds internationaux et d’explorer des formes alternatives de financement, notamment entre pays du Sud, a été mise en avant.
Dans ce contexte mondial marqué par des réajustements d’alliances économiques, avec des blocs comme le BRICS élargi et les tensions entre les États-Unis et la Chine, les participants ont insisté sur le fait que l’Afrique ne pouvait plus se contenter de discours. Le message principal à Rabat était clair : il est temps de transformer les promesses de financement climatique et d’aide au développement en projets concrets et autonomes.
Un moment marquant du Symposium a été la présentation de la sixième édition du Rapport annuel sur l’économie de l’Afrique, une publication clé du Policy Center qui regroupe les contributions de plus de 30 chercheurs du continent et d’ailleurs. Ce rapport servira de référence pour orienter les décisions politiques et économiques à venir.
L’Africa Economic Symposium s’est ainsi affirmé comme un espace de dialogue essentiel pour un continent qui aspire à ne plus subir les aléas économiques, mais à définir sa propre trajectoire de croissance. À l’issue des discussions, un appel a été lancé en faveur de politiques publiques audacieuses, adaptées aux réalités africaines et résolument tournées vers l’innovation, l’industrialisation et la souveraineté financière. Les participants ont convenu que l’avenir économique de l’Afrique dépend de sa capacité à s’unir et à agir en faveur d’un développement durable et inclusif.
Raphael Mforlem


