(LVDE) – Depuis le 1er juillet 2025, le Cameroun impose une nouvelle taxe sur les véhicules d’occasion importés, intégrant la TVA sur les frais d’inspection. Cette initiative vise à renforcer les contrôles à l’importation et à augmenter les recettes fiscales, mais elle pourrait également entraîner une hausse des prix pour les consommateurs.
La Direction générale des impôts (DGI) du Cameroun a récemment annoncé l’instauration d’une nouvelle taxe sur les véhicules d’occasion importés, entrée en vigueur le 1er juillet 2025. Cette mesure, qui introduit une taxe sur la vérification à l’importation, suscite des inquiétudes et des interrogations tant chez les importateurs que chez les consommateurs. Le montant de cette taxe est fixé à 29 813 FCFA, TVA comprise, pour chaque véhicule d’occasion. Ce montant inclut les frais liés à la vérification SGS (Société Générale de Surveillance) ainsi que le contrôle d’identification obligatoire.
L’objectif affiché par le ministère des Finances est de renforcer les contrôles lors des importations et de mieux encadrer le parc automobile d’occasion du pays. En ajoutant cette taxe aux 19,25 % de TVA déjà appliqués sur la valeur du véhicule, le Cameroun cherche à améliorer la régulation du marché automobile tout en augmentant ses recettes fiscales. Cependant, cette double imposition pourrait avoir des conséquences significatives sur le coût d’entrée des véhicules usagés, un segment de marché qui constitue une part conséquente des importations automobiles du pays.
Le marché des véhicules d’occasion au Cameroun est déjà bien établi, représentant une part importante des besoins en mobilité des ménages. Avec l’augmentation des coûts d’importation, les importateurs et les transitaires craignent que cette nouvelle imposition ne se traduise par une hausse des prix pour le consommateur final. Les impacts sur les prix pourraient être amplifiés par des facteurs tels que la demande croissante pour les véhicules d’occasion, souvent perçus comme des alternatives plus abordables aux véhicules neufs, qui restent inaccessibles pour une grande partie de la population.
Les réactions des acteurs du secteur sont déjà visibles. Les importateurs expriment des préoccupations concernant la compétitivité du marché. En effet, l’augmentation des coûts d’importation pourrait entraîner une réduction de l’offre sur le marché, car certains acteurs pourraient se retirer en raison de marges bénéficiaires insuffisantes. Cette situation pourrait également favoriser le marché noir, où des véhicules d’occasion pourraient être introduits sans respecter les normes réglementaires, contournant ainsi les contrôles imposés par les autorités.
D’un point de vue macroéconomique, cette mesure pourrait également avoir des répercussions sur le budget de l’État. Si l’augmentation des recettes fiscales est l’un des objectifs, il est crucial que ces nouvelles taxes soient utilisées efficacement pour améliorer les infrastructures routières et les services publics liés à la mobilité. Un meilleur encadrement du secteur automobile pourrait contribuer à une régulation plus efficace du marché, améliorer la sécurité routière et réduire l’impact environnemental lié aux véhicules usagés.
Cependant, il est important que le gouvernement prenne en compte les préoccupations des acteurs du marché lors de la mise en œuvre de cette nouvelle taxation. Des mesures d’accompagnement, telles que des incitations fiscales pour les véhicules moins polluants ou des programmes de sensibilisation à l’importance de la régulation du marché, pourraient aider à atténuer les effets négatifs de cette nouvelle imposition.
R.M


