(LVDE) – Ces nouvelles liaisons aériennes directes lancées le 30 juin 2025, sont le signe d’un dynamisme du commerce et de l’intégration régionale de la compagnie ECAir, face à des défis structurels dans le secteur aérien africain.
Le ciel de l’Afrique centrale s’éclaircit avec le lancement par ECAir d’une liaison aérienne directe reliant Brazzaville aux capitales de la sous-région. Cette nouvelle route, inaugurée le 30 juin, est attendue comme un catalyseur pour le commerce et l’intégration régionale. Alors que seulement 19 % des liaisons aériennes entre les pays africains sont directes, ce vol offre une alternative bienvenue aux voyageurs qui devaient auparavant transiter par des hubs internationaux comme Dubaï ou Paris.
L’impact économique potentiel de cette liaison est considérable. En facilitant les déplacements des hommes d’affaires, des touristes et des marchandises, ECAir pourrait stimuler les échanges commerciaux et renforcer la coopération économique entre le Congo, le Cameroun et le Gabon. Ces pays, membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), voient dans cette connectivité une opportunité d’atteindre leurs objectifs d’intégration économique.
Cependant, le secteur aérien africain n’est pas sans défis. Les coûts d’exploitation élevés, liés au prix du kérosène, aux taxes aéroportuaires et aux redevances de navigation, pèsent lourdement sur la rentabilité des compagnies aériennes. Ces coûts se traduisent par des prix de billets parmi les plus élevés au monde, ce qui limite la demande pour les nouvelles liaisons. De plus, le marché du transport aérien reste fragmenté, avec une faible densité de passagers et une concurrence limitée.
La situation d’ECAir suscite également des interrogations. Après avoir connu des difficultés financières, y compris une liquidation judiciaire en France, la compagnie doit prouver sa capacité à maintenir cette nouvelle ligne à long terme. Son succès dépendra de sa gestion des coûts, de sa capacité à attirer des passagers et d’une stratégie commerciale efficace.
Malgré ces obstacles, les perspectives de croissance du transport aérien en Afrique sont encourageantes. Selon l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA), le nombre de passagers africains pourrait atteindre 345 millions d’ici 2043, une augmentation significative par rapport aux 160 millions actuels. Cette croissance sera soutenue par l’expansion des flottes et des réseaux des compagnies aériennes africaines, ainsi que par l’implémentation du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA). En 2024, les compagnies aériennes du continent ont dégagé un bénéfice net de 200 millions de dollars, un signe positif après des années difficiles.
Pour maximiser les avantages de cette nouvelle liaison, il est crucial que les gouvernements de la région travaillent à réduire les coûts du transport aérien, à harmoniser les réglementations et à encourager la concurrence. ECAir doit également se concentrer sur le développement d’une stratégie commerciale robuste, ciblant les segments de marché les plus prometteurs tout en offrant des tarifs compétitifs.
A.Y.



