(LVDE) -Tesla, le spécialiste des véhicules électriques fondé par Elon Musk, a officiellement annoncé son implantation au Maroc avec la création de sa filiale, marquant ainsi un tournant dans le secteur automobile du pays.
Alors que Tesla se préparait à lancer son dernier modèle aux États-Unis, la société finalisait les dernières étapes de son implantation au Maroc. En mai 2025, Tesla Morocco a été constituée en tant que Société à responsabilité limitée (Sarl) avec un capital de plus de 2,6 millions d’euros, financée par les entités néerlandaises du groupe. Située au cœur de la Marina de Casablanca, cette nouvelle filiale marque le début de l’engagement de Tesla sur le continent africain.
L’implantation de Tesla au Maroc ne se limite pas à la vente de véhicules électriques. La firme prévoit également d’offrir des services de maintenance et de s’impliquer activement dans la production, le stockage et la vente d’énergie solaire. En parallèle, un réseau de bornes de recharge pour les propriétaires de véhicules Tesla sera développé, renforçant ainsi l’infrastructure nécessaire à la mobilité durable dans le pays.
Cette annonce fait de Tesla le premier géant de la mobilité durable à s’implanter au Maroc, rejoignant ainsi d’autres constructeurs automobiles qui ont déjà investi dans le pays. Selon Abdelaziz Arji, président de la Commission juridique et fiscale de la Chambre Française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM), le choix du Maroc s’explique par son rôle croissant dans la transition énergétique. Dans un post LinkedIn, il a souligné que cette initiative aurait des répercussions positives sur l’emploi, la sous-traitance et les transferts technologiques.
Le Maroc est déjà considéré comme un acteur clé dans le domaine de la transition énergétique, soutenant le développement de villes intelligentes et d’infrastructures écologiques. En 2024, le secteur automobile marocain a enregistré une croissance de 18 % avec une production de près de 400 000 véhicules, plaçant le pays parmi les premiers exportateurs de voitures en Afrique. L’implantation de Tesla pourrait donc renforcer cette dynamique et contribuer à l’essor du marché des véhicules électriques.
Il convient de noter qu’en avril 2025, des rumeurs circulaient sur un éventuel projet industriel de Tesla à Kenitra, bien que rien n’ait été confirmé par la firme. Toutefois, certains analystes estiment que cette implantation commerciale pourrait être le premier pas vers une activité industrielle à long terme. En s’appuyant sur l’expérience d’autres géants automobiles comme Renault, Tesla pourrait envisager le Maroc comme un relais de croissance à long terme.
Face à une concurrence de plus en plus forte en Europe, où des entreprises comme Volkswagen, Renault et BMW dominent le marché, Tesla pourrait trouver au Maroc une opportunité unique. Avec une concurrence quasi-inexistante dans le secteur des véhicules électriques et des coûts de production potentiellement plus bas qu’en Europe, le pays représente un marché prometteur. Renault, par exemple, a réussi à tirer son épingle du jeu en établissant une base solide au Maroc, ce qui pourrait inspirer Tesla à suivre une stratégie similaire.
Les perspectives sont donc encourageantes. L’arrivée de Tesla pourrait non seulement transformer le paysage automobile marocain, mais aussi jouer un rôle crucial dans la transition vers une économie plus verte et durable. En intégrant des technologies avancées et en promouvant l’utilisation de véhicules électriques, Tesla pourrait contribuer à changer les mentalités et les habitudes de consommation des Marocains, tout en stimulant l’innovation locale.
S.N.


