(lavoixdesentreprises.info) – Attendue avec impatience depuis six ans, la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara) a pris un tournant décisif. Le 17 juin 2025, les responsables de cette entité publique ont accueilli une délégation de représentants de trois banques internationales, venues exprimer leur volonté de financer la remise en état de cette infrastructure emblématique de la sous-région Afrique Centrale, longtemps affectée par un incendie dévastateur.
C’est à Limbé, ville portuaire du Cameroun, que la direction générale de la Sonara a accueilli, le 17 juin 2025, une délégation de représentants de l’Union de Banques Arabes et Françaises (UBAF), de la banque néerlandaise ING et de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Cette visite, qualifiée de « démarche stratégique », vise à relancer une raffinerie qui, depuis l’incendie de mai 2019, reste à l’arrêt, plongeant le Cameroun dans une dépendance accrue vis-à-vis des importations pétrolières. La Sonara, autrefois fleuron de l’industrie pétrolière camerounaise, se trouve aujourd’hui dans une situation critique.
L’incendie de 2019 a non seulement réduit à néant quatre des treize unités de production de la Sonara, mais il a également exacerbé une crise déjà présente. En 2021, la dette de l’entreprise atteignait 376 milliards de FCFA, tandis que les besoins de réhabilitation étaient estimés à plus de 250 milliards de FCFA. Ce contexte économique difficile a mis en lumière l’importance de la raffinerie pour le pays, tant sur le plan économique que social.
La délégation bancaire est venue s’informer sur l’état d’avancement des travaux de réhabilitation et sur les efforts de restructuration entrepris par la Sonara. « Nous avons salué les initiatives mises en place pour redynamiser cette entreprise emblématique », a déclaré un représentant de l’UBAF. Dans un communiqué, la Sonara a exprimé son optimisme face à l’intérêt manifesté par ces institutions financières internationales. Cela pourrait non seulement permettre de mobiliser des fonds pour la réhabilitation, mais également renforcer la crédibilité de l’entreprise sur le plan international.
Le Premier ministre Joseph Dion Ngute n’a pas caché son inquiétude quant à la lenteur du processus de réhabilitation. Lors d’une réunion interministérielle tenue le 5 juin, il a exhorté le ministre de l’Eau et de l’Énergie à prendre des mesures urgentes. « Il est impératif d’accélérer le traitement de ce dossier pour relancer les activités de production », a-t-il insisté, soulignant l’importance cruciale de la Sonara pour la sécurité énergétique du pays.
Les enjeux sont considérables. En effet, l’importation massive de produits pétroliers représente une pression permanente sur les réserves de change de la Cemac, une situation qui a des répercussions sur l’économie camerounaise. La réhabilitation de la Sonara pourrait non seulement réduire cette dépendance, mais également créer des emplois et stimuler le développement local.
Malgré les défis, l’enthousiasme grandissant autour de la Sonara offre un espoir de renaissance. Les banques internationales semblent prêtes à s’engager, mais pour cela, la mise en place d’un cadre légal et financier solide est essentielle. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si ces promesses d’investissement se concrétiseront et si la Sonara pourra retrouver sa place dans le paysage pétrolier camerounais.
La réhabilitation de la Sonara est bien plus qu’un simple projet industriel ; elle représente un enjeu stratégique pour le Cameroun. Les récents développements, notamment l’intérêt manifesté par des banques internationales, pourraient bien être le catalyseur nécessaire pour redonner vie à cette raffinerie et, par ricochet, à l’économie nationale. Le gouvernement et les acteurs privés devront travailler main dans la main pour transformer cette vision en réalité et ainsi offrir un avenir prometteur à la Sonara.
Raphaël Mforlem



