(lavoixdesentreprises.info) – Selon les données fournies par l’Union internationale des télécommunications (UIT) dans son rapport d’avril 2025, le pays se distingue dans un contexte africain marqué par des disparités d’accès à Internet.
Le Cameroun, avec ses 88 % de couverture mobile, représente un modèle en Afrique subsaharienne, où l’accès à Internet mobile reste limité pour de nombreux pays. En effet, selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), seules 20 % des personnes en Afrique subsaharienne disposent d’un forfait de données, souvent à des coûts prohibitifs pouvant atteindre 4 % du revenu mensuel, bien au-delà du seuil recommandé par l’ONU. Cette situation témoigne des inégalités croissantes entre les zones urbaines et rurales, où l’accès à la technologie est encore très inégal.
Dans la zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), le Cameroun se positionne comme un leader incontesté. Fin 2022, il comptait environ 24,5 millions d’abonnés mobiles, représentant plus de la moitié des abonnés de l’ensemble de la région. Avec 15,2 millions de smartphones, soit 57,7 % des appareils de la zone, le pays montre une adoption croissante de technologies numériques.
Cette progression est soutenue par une infrastructure mobile qui s’améliore rapidement, permettant le développement de services numériques variés. Les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les plateformes de e-commerce se sont multipliés, facilitant ainsi les échanges et créant de nouvelles opportunités économiques. L’essor des smartphones, qui deviennent progressivement la norme, joue un rôle clé dans cette dynamique, ouvrant la voie à un usage plus intensif des services en ligne.
Cependant, malgré ces avancées notables, la fracture numérique reste un défi majeur. En effet, une part significative de la population, surtout en milieu rural, demeure exclue des bénéfices de cette connectivité. Les infrastructures de télécommunications sont souvent insuffisantes dans ces zones, et les coûts d’accès demeurent prohibitifs pour une grande partie de la population. Cela souligne l’importance de politiques publiques visant à réduire les inégalités d’accès à Internet et à promouvoir l’inclusion numérique.
Face à cette réalité, les autorités camerounaises doivent intensifier leurs efforts pour garantir que l’accès à Internet mobile soit universel et abordable. Des initiatives telles que le développement de zones blanches, où l’accès est facilité, et la mise en place de subventions pour les forfaits de données pourraient être envisagées. L’objectif serait de permettre à chaque Camerounais de bénéficier des avantages du numérique, quelle que soit sa localisation géographique.
Enfin, alors que le Cameroun fait des progrès significatifs vers une meilleure connectivité, il est crucial que ce pays ne perde pas de vue l’importance d’une croissance inclusive. La transition vers le haut débit mobile doit aller de pair avec des efforts visant à garantir que tous les segments de la population puissent participer au développement numérique. En somme, bien que le Cameroun soit sur la bonne voie, la bataille pour un accès universel à Internet se poursuit, nécessitant une attention particulière aux enjeux tarifaires et géographiques.
Raphael Mforlem


