(lavoixdesentreprises.info) – Cet investissement s’inscrit dans une dynamique nationale visant à renforcer les droits des enfants et marque la continuité des efforts entrepris depuis 2010. Il a été révélé à l’occasion de la célébration de la 35e édition de la Journée de l’Enfant Africain (JEA).
Chaque année, le 16 juin, le Cameroun, comme de nombreux pays africains, se retrouve pour célébrer la Journée de l’enfant africain (JEA). Instituée en 1991 par l’Organisation de l’Unité Africaine, cette journée rend hommage aux enfants victimes du massacre de Soweto en 1976, un événement tragique qui a poussé des milliers d’élèves à revendiquer un enseignement dans leur langue maternelle. Cette commémoration rappelle l’importance des droits des enfants, un sujet plus que jamais d’actualité.
Sous le thème : « Planification et budgétisation pour les droits des enfants : progrès depuis 2010 », le Cameroun met en avant les avancées réalisées au cours de la dernière décennie. Le pays a fait des progrès notables dans l’intégration des droits de l’enfant dans les politiques publiques, en particulier depuis 2010. Le ministère des Affaires Sociales a accompagné plusieurs initiatives, telles que l’élaboration de budgets sensibles aux droits de l’enfant dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation et la protection sociale.
Depuis 2010, le Cameroun a renforcé son engagement envers les droits de l’enfant, s’appuyant sur des instruments juridiques internationaux comme la Convention relative aux Droits de l’Enfant, ratifiée en 1993, et la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant, internalisée en 1999. Le gouvernement a ainsi placé les droits de l’enfant au cœur de ses politiques, en phase avec l’agenda 2040 de l’Union Africaine et les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Le gouvernement camerounais a mis en œuvre des actions concrètes pour faire de la planification et de la budgétisation sensibles à l’enfant une réalité. Parmi ces actions, on trouve l’élaboration d’un Guide pratique de Budgétisation Sensible à l’Enfant, qui aide les administrations publiques à allouer des ressources pour respecter et protéger les droits des enfants. De plus, l’institutionnalisation du Parlement des Enfants a été engagée pour en faire un véritable outil de plaidoyer.
La récente promulgation de la loi n°2023/009 sur la protection des enfants en ligne témoigne également de cette volonté. Cette législation vise à protéger les enfants contre les cybermenaces, un enjeu crucial à l’ère du numérique. En 2025, le programme de protection sociale de l’enfance dispose d’un budget de 2 881 400 000 FCFA, visant à rationaliser les interventions en faveur des enfants vulnérables.
Le Cameroun a également mis en place un programme national d’éducation de base, garantissant l’éducation gratuite, obligatoire et inclusive pour tous les enfants, y compris dans les zones prioritaires. En 2024, 3 708 actes de naissance ont été établis, permettant à des enfants issus des communautés autochtones d’acquérir des droits fondamentaux.
Cependant, malgré ces avancées, des obstacles persistent. Les crises humanitaires, notamment celles liées aux conflits internes, ont engendré des déplacements massifs de populations et exacerbé les inégalités socioéconomiques. De plus, une budgétisation insuffisante, avec seulement 12% des ressources allouées spécifiquement aux programmes pour enfants, limite l’impact des politiques sociales.
Le Cameroun, en célébrant la Journée de l’enfant africain, rappelle ainsi l’importance d’un engagement continu pour garantir le respect et la protection des droits des enfants. Les efforts déployés depuis 2010 témoignent d’une volonté politique forte, mais il reste encore beaucoup à faire pour que chaque enfant puisse bénéficier pleinement de ses droits et vivre dans un environnement sûr et épanouissant.
Raphaël Mforlem


