(lavoixdesentreprises.info) – Le Gabon a récemment fait appel aux banques d’affaires Rothschild & Cie et Algest pour orchestrer sa relance économique. Cette collaboration, validée lors d’un conseil des ministres le 4 juin 2025, vise à revitaliser plusieurs secteurs clés du pays en réponse à des défis économiques majeurs.
Dans un contexte économique mondial incertain, le Gabon a pris une décision stratégique en s’associant avec Rothschild & Cie et Algest. Ces banques, reconnues pour leur expertise en conseil financier, auront pour mission de redéfinir la stratégie économique du pays, une étape cruciale alors que le Gabon s’apprête à lancer cinq fonds stratégiques pour soutenir son développement.
La nomination de Rothschild & Cie et Algest répond à une nécessité urgente : le Gabon doit diversifier son économie, historiquement tributaire de ses ressources pétrolières. Selon des statistiques récentes, environ 60% des revenus de l’État proviennent encore du secteur pétrolier, représentant un défi évident face à la volatilité des marchés. Le gouvernement gabonais s’est engagé à mobiliser des ressources pour financer son Programme national de croissance, visant à réduire cette dépendance.
Les missions dévolues aux deux banques incluent la définition et la mise en œuvre de la stratégie économique, ainsi que la négociation avec des bailleurs de fonds internationaux. En collaborant étroitement avec les équipes techniques de l’État, Rothschild & Cie et Algest assureront un reporting régulier, facilitant ainsi la prise de décisions éclairées par le gouvernement.
Les cinq fonds qui seront bientôt lancés sont essentiels pour répondre aux besoins pressants du pays. Le Fonds national pour l’énergie et l’eau se concentre sur la modernisation des infrastructures hydrauliques et énergétiques. Le Gabon, riche en ressources naturelles, aspire à garantir sa souveraineté en matière d’énergie, un objectif d’autant plus crucial à l’heure où les enjeux environnementaux sont au cœur des préoccupations mondiales.
Le déficit de logements, estimé à 400 000 unités, est une autre priorité. Le Fonds gabonais pour l’habitat et le logement vise à faciliter l’accès à des logements abordables, un enjeu social majeur. En parallèle, le Fonds national pour les infrastructures prévoit de moderniser les infrastructures économiques et sociales, un levier indispensable pour une croissance durable.
Parmi les autres initiatives, le Fonds stratégique pour le développement de la pêche et de l’aquaculture (FDPA) et le Fonds stratégique agricole (FSA) sont conçus pour renforcer la sécurité alimentaire. Actuellement, le Gabon dépense environ 550 milliards de FCFA (958 millions de dollars) chaque année pour importer des produits alimentaires, une situation que le gouvernement souhaite inverser.
Pour garantir l’efficacité de ces fonds, des mesures complémentaires sont également envisagées. La création d’un fonds d’investissement public-privé pour la transformation industrielle du manganèse, des lignes de crédit préférentielles pour les éleveurs et des incitations fiscales pour les projets d’industrialisation sont quelques-unes des actions prévues. De plus, un programme national de formation professionnelle sera lancé pour développer les compétences locales, essentiel pour accompagner cette relance.
Ce partenariat avec Rothschild & Cie et Algest n’est pas une première. Les deux banques ont déjà collaboré avec le Gabon dans des projets antérieurs, notamment le reprofilage de la dette gabonaise. Ce programme a permis de restructurer 1 400 milliards de francs CFA (2,8 milliards de dollars) et de mobiliser 338 milliards de ressources nouvelles, marquant un tournant dans la gestion financière du pays.
Les efforts de ces institutions ont été salués par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a récemment décoré Ibrahim Magassa et Stéphane Charbit pour leur contribution significative à la relance économique. Plus récemment, la Banque Rothschild a facilité le rachat anticipé d’une partie de l’Eurobond à échéance 2025, une opération qui a permis de racheter environ 290 millions de dollars de ce titre, réduisant ainsi l’encours à 315 millions de dollars.
À l’aube de cette nouvelle phase de développement, le Gabon montre sa détermination à se réinventer économiquement. Avec l’appui de Rothschild & Cie et Algest, le pays espère non seulement stabiliser sa situation financière, mais également construire un avenir plus résilient et durable pour sa population.
Raphaël Mforlem


