(lavoixdesentreprises.info) – Avec ce rendement, le Cameroun se positionne comme la première filiale du groupe bancaire panafricain United Bank for Africa (UBA) en termes de profits lors du dernier exercice. Une performance impressionnante qui témoigne d’une dynamique positive, malgré les défis économiques.
Dans un paysage bancaire africain en pleine mutation, UBA Cameroun se distingue par sa performance exceptionnelle. En 2024, la filiale camerounaise du groupe UBA a enregistré un bénéfice net de 64,4 milliards de nairas, soit environ 26,3 milliards de FCFA. Ce chiffre propulse le Cameroun en tête des filiales du groupe, dépassant ainsi UBA Côte d’Ivoire, qui a généré un bénéfice de 55,6 milliards de nairas. Cette ascension fulgurante s’accompagne d’une progression de 51 % par rapport à l’année précédente, où le bénéfice net s’élevait à 42,6 milliards de nairas, équivalant à environ 16,23 milliards de FCFA.
Cette performance n’est pas uniquement le résultat d’une dépréciation du naira, qui a chuté de 6,7 % face au FCFA entre 2023 et 2024. Elle reflète également une dynamique positive au sein des activités de la banque. Le produit net bancaire, représentant le chiffre d’affaires, a connu une hausse spectaculaire, passant d’environ 37 milliards de FCFA à près de 96,7 milliards de FCFA. Cette croissance est principalement attribuable à une augmentation des investissements en titres d’emprunts publics, qui ont grimpé de 36,3 %, atteignant presque 403 milliards de FCFA.
Un membre du conseil d’administration souligne l’importance de la gouvernance dans cette réussite : « Des moments comme ceux-ci nous rappellent le rôle unique que joue la gouvernance dans le maintien de la performance institutionnelle. En tant que membre indépendant, je veille à ce que les décisions soient prises dans le meilleur intérêt de la banque. » Ce témoignage met en lumière la rigueur et le dévouement de l’équipe dirigeante, qui a su naviguer avec succès dans un environnement économique complexe.
Cependant, cette concentration d’activités sur les titres d’emprunt, représentant 53,08 % des actifs de la banque, suscite des inquiétudes. Le Fonds monétaire international (FMI) considère cela comme un seuil de concentration risqué. En réponse à cette vulnérabilité, UBA Cameroun semble prendre des mesures pour diversifier ses engagements. En 2024, l’encours de crédit à la clientèle non étatique a augmenté de 47,3 %, soulignant une volonté de réduire les risques de dépendance vis-à-vis des titres d’emprunt.
Malgré ces avancées, la filiale fait face à des défis significatifs, notamment une baisse de sa capacité à générer des liquidités. Les flux de trésorerie issus des activités sont estimés à environ 118 milliards de FCFA en 2024, en forte baisse par rapport aux 190 milliards de FCFA enregistrés en 2023. Cette situation soulève des questions sur la durabilité de la croissance à long terme, surtout dans un marché du crédit qui demeure relativement étroit.
Néanmoins, UBA Cameroun s’impose comme le fer de lance des activités panafricaines du groupe UBA. En 2024, elle a contribué de manière significative à la croissance du bénéfice net global du groupe, un résultat qui surpasse même celui enregistré sur le marché domestique au Nigeria. Cela témoigne non seulement de la solidité de ses performances, mais aussi de son potentiel à jouer un rôle clé dans le développement économique du pays.
Au regard de ce qui précède, UBA Cameroun a démontré une résilience impressionnante et une capacité d’adaptation face aux défis économiques. Avec ses résultats financiers remarquables, elle se positionne comme un acteur incontournable du secteur bancaire en Afrique et continue d’influencer positivement le paysage financier régional. Les prochaines années seront cruciales pour voir comment la banque naviguera entre opportunités de croissance et gestion des risques.
Tressy Chouente


