(lavoixdesentreprises.info) – Ces négociations, menées dans le cadre de son projet national de transformation numérique, visent à moderniser les infrastructures de télécommunications, garantir l’interconnexion et réduire les coûts des services numériques, dans le but de stimuler l’économie du pays.
En quête de modernité, le Tchad, reconnu comme un pays enclavé, s’engage activement dans un projet de transformation numérique ambitieux, soutenu par un financement de 76,45 milliards FCFA de la Banque mondiale. Les prochaines années seront cruciales pour l’implémentation de cette initiative, qui vise à améliorer les infrastructures numériques et à élargir l’accès aux services digitaux à l’échelle nationale. Dans ce contexte, le Tchad s’oriente vers le Cameroun, son voisin, pour établir des bases solides en matière de télécommunications.
Les discussions récentes entre les ministres des Télécommunications des deux pays mettent en lumière plusieurs points cruciaux. D’abord, la sécurisation des liaisons de fibre optique reliant le Tchad au Cameroun est au cœur des préoccupations. Cette infrastructure est essentielle pour assurer un transit fluide des communications électroniques et faciliter l’accès du Tchad à la connectivité internationale. La ministre camerounaise des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a souligné l’importance de garantir la résilience et la qualité de service de cette infrastructure, tout en évoquant la nécessité de protections contre les actes de sabotage.
Un autre aspect majeur des négociations concerne les impayés du Groupe Sotel Tchad envers l’opérateur public camerounais, Camtel. Ces dettes, gardées confidentielles, perturbent sérieusement la continuité des services Internet transfrontaliers. La suspension de la connexion par Camtel a mis en évidence la fragilité de la coopération entre les deux pays, et les discussions actuelles visent à restaurer cette connectivité, notamment à travers l’interconnexion des liaisons critiques entre N’Djamena et Kousseri.
Les tarifs appliqués aux services Internet et à la location de la fibre optique sont également en cours de révision. L’exploitation du câble sous-marin SAT 3, qui longe le pipeline Tchad-Cameroun, génère des revenus significatifs pour le Cameroun. L’optimisation de la structure tarifaire est perçue comme une nécessité pour améliorer l’accessibilité et la compétitivité des services numériques. Une meilleure transparence contractuelle et des conditions de partenariat plus favorables sont essentielles pour réduire les barrières économiques à l’inclusion numérique.
Enfin, la question du roaming international est un autre sujet brûlant. Les autorités camerounaises et tchadiennes cherchent à harmoniser les tarifs conformément aux directives de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Malgré l’adoption d’un règlement visant à abolir les frais d’itinérance depuis 2020, son application reste problématique, et les coûts demeurent élevés. Actuellement, un appel international coûte entre 300 et 500 FCFA par minute au Cameroun, et entre 400 et 600 FCFA au Tchad. Une réunion récente à Bangui a fixé un nouvel objectif pour la suppression de ces frais, prévue pour juin 2025.
Les travaux techniques se poursuivent entre les régulateurs des deux pays, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) du Tchad et l’Agence de régulation des télécommunications (Art) du Cameroun. Ces discussions portent sur les capacités de régulation et de contrôle de qualité des services, éléments cruciaux pour l’avenir des télécommunications dans la région.
En somme, ces négociations entre le Tchad et le Cameroun s’inscrivent dans un cadre plus large de transformation numérique et de développement économique. La modernisation des infrastructures de télécommunications est essentielle pour faciliter l’accès aux services numériques, renforcer l’inclusion économique et améliorer la qualité de vie des populations. Les résultats de ces discussions pourraient avoir un impact significatif sur l’économie tchadienne, tout en consolidant les relations entre ces deux nations voisines.
Sorelle Ninguem


