(lavoixdesentreprises.info) – Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a décidé de suspendre les activités d’Aura Cameroun, suite à des accusations de contamination de l’eau, remettant en question la sécurité sanitaire des consommateurs.
Une décision remarquable a été prononcée le 6 mai 2025 par Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), concernant la société Aura Cameroun. Cette entreprise, active depuis 2003 dans le secteur de la production d’eau minérale, s’est vue contrainte de suspendre temporairement ses activités liées à la production et à la commercialisation de son eau, jugée impropre à la consommation. Cette mesure conservatoire a été prise suite à des signalements alarmants portant sur la qualité de l’eau fournie par la société.
La décision ministérielle fait suite à une alerte lancée par un client de l’entreprise, qui a soulevé des doutes quant à la qualité de l’eau distribuée. Cette plainte était une de trop car, d’autres avaient déjà été enregistrées par le passé. Parmi les plaignants, Philippe Camille Akoa, directeur général du Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (Feicom), faisait partie des premiers à s’insurger contre la qualité de l’eau de Aura Cameroun. Dans une lettre datée du 17 mars 2025, Philippe Camille Akoa exigeait l’arrêt immédiat de la distribution de l’eau Aura et ordonnait le retrait des bonbonnes présentes dans les locaux du Feicom, une mesure qui témoigne de la gravité de la situation.
Dans le cadre d’un audit environnemental du Feicom, des analyses effectuées par le Centre Pasteur ont révélé la présence de matières fécales dans l’eau fournie par Aura Cameroun. Cette découverte a suscité une vive inquiétude parmi les autorités et les consommateurs. En réaction, Aura Cameroun a contesté les résultats de ces analyses dans une lettre envoyée le 19 mars 2025 au directeur du Feicom. L’entreprise a demandé des éclaircissements sur la méthodologie d’audit ainsi que sur les modalités de prélèvement des échantillons.
Dans sa réponse, Aura Cameroun a exprimé sa préoccupation face à l’allégation de contamination fécale. Elle a reconnu que, bien que le risque zéro ne puisse être garanti, une telle situation demeure extrêmement rare et doit être traitée avec la plus grande rigueur. La réputation de l’entreprise, spécialisée dans le traitement de l’eau pour la consommation humaine et les besoins industriels, est mise à mal par ces accusations. Aura Cameroun propose également une gamme variée d’équipements de purification, allant de simples filtres aux systèmes d’osmose inverse, ce qui souligne son engagement envers la qualité et la sécurité de l’eau.
À travers cette suspension, les autorités visent à protéger la santé publique et à garantir que tous les produits mis sur le marché soient conformes aux normes sanitaires. La situation actuelle pose un défi majeur pour Aura Cameroun, qui devra non seulement résoudre cette crise, mais aussi restaurer la confiance des consommateurs. Le ministre a précisé que cette suspension est une mesure temporaire, mais elle pourrait perdurer jusqu’à ce que des preuves tangibles soient fournies concernant la qualité de l’eau produite.
Cette affaire soulève également des questions plus larges sur la régulation du secteur de l’eau minérale au Cameroun, un domaine où la sécurité sanitaire doit être une priorité absolue. Les consommateurs, de leur côté, sont en droit d’attendre une transparence totale concernant la qualité des produits qu’ils consomment.
La suspension des activités d’Aura Cameroun met en lumière l’importance cruciale d’une surveillance rigoureuse des entreprises opérant dans le secteur de l’eau. Les prochaines étapes seront déterminantes pour l’avenir de cette société, ainsi que pour la confiance des consommateurs envers les fournisseurs d’eau au Cameroun.
Raphaël Mforlem


