(lavoixdesentreprises.info) – Dans le district de Bugesera, un ambitieux projet de parc industriel sur 20 hectares vise à dynamiser la filière cuir, avec pour objectif de produire 9 millions de pieds carrés de cuir par an d’ici deux ans.
Au cœur du développement économique rwandais, l’élevage joue un rôle significatif, représentant environ 4 % du produit intérieur brut (PIB). Tout en mettant l’accent sur les secteurs traditionnels tels que la production laitière et la viande, le gouvernement rwandais s’engage à diversifier ses activités et à maximiser la valeur ajoutée dans l’industrie de la transformation des peaux animales. L’une des initiatives phares de cette stratégie est la création d’un parc industriel dédié à la fabrication de cuir, qui sera implanté sur un terrain de 20 hectares dans le district de Bugesera. Ce projet, dont le lancement est prévu dans les deux années à venir, a été annoncé par Prudence Sebahizi, la ministre du Commerce et de l’Industrie, lors d’une interview accordée au quotidien local *The New Times* le 25 mars.
Bien que les détails financiers de cet investissement n’aient pas été révélés, les autorités prévoient que la future infrastructure permettra de produire, à pleine capacité, 9 millions de pieds carrés de cuir par an. Cette production visera principalement l’exportation, tout en approvisionnant le marché local. Dans ses commentaires, Sebahizi a souligné l’importance de mobiliser les ressources financières nécessaires, en commençant par l’établissement d’une station de traitement des effluents et d’autres infrastructures essentielles. Ces éléments constituent des prérequis pour attirer des investisseurs dans ce secteur prometteur. La ministre a également évoqué les efforts en cours pour engager des investisseurs ayant une expérience confirmée dans la transformation du cuir.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de valoriser les peaux animales localement, une transformation actuellement insuffisante au Rwanda. En effet, les données officielles révèlent que le pays ne compte qu’une seule tannerie opérationnelle, située à Huye, qui ne traite qu’une petite fraction, moins de 5 %, des peaux produites sur le territoire. Ce projet d’investissement s’aligne avec l’ambition du gouvernement de porter la production de peaux animales à 48 000 tonnes d’ici 2030, en comparaison avec les 6 000 tonnes disponibles actuellement. Cela permettra d’offrir des débouchés stables aux éleveurs, renforçant ainsi leur situation économique.
Les perspectives de l’industrie du cuir au Rwanda sont prometteuses, selon les données fournies par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Ce secteur pourrait potentiellement générer jusqu’à 430 millions de dollars de recettes annuelles, alors qu’il ne représente actuellement qu’environ 3 millions de dollars. Ce projet de parc industriel est donc une étape cruciale pour transformer le paysage économique du pays, en favorisant la création d’emplois, le développement de compétences et une meilleure intégration des éleveurs dans la chaîne de valeur. En somme, le Rwanda s’engage résolument sur la voie de l’industrialisation et de la diversification économique, avec des initiatives qui visent à tirer parti de ses ressources naturelles tout en renforçant son autonomie économique.
Sorelle Ninguem


