
(lavoixdesentreprises.info) – Cette dynamique, qui a vu les exportations de produits agroalimentaires russes vers l’Afrique atteindre des recettes de 7 milliards de dollars, s’explique par divers facteurs, notamment les aléas climatiques et l’évolution des habitudes de consommation.
Les relations commerciales entre la Russie et l’Afrique continuent de se renforcer, en particulier dans le secteur agroalimentaire. Selon les récentes données fournies par Agroexport, l’agence fédérale russe spécialisée dans les exportations agro-industrielles, les exportations de produits alimentaires russes vers le continent africain ont atteint un montant impressionnant de 7 milliards de dollars en 2024. Cette hausse de 19 % par rapport à 2023 témoigne d’un intérêt croissant des pays africains pour les denrées alimentaires russes.
L’Afrique du Nord demeure la région la plus importante pour ces importations, mais on observe une montée significative des achats en Afrique subsaharienne. Ce changement est particulièrement pertinent dans un contexte où les défis climatiques deviennent de plus en plus fréquents, impactant les récoltes locales et modifiant les comportements d’achat des consommateurs.
L’Égypte reste le principal importateur de produits agroalimentaires russes, ayant enregistré une augmentation de 21 % de ses achats l’an dernier. Ce pays, qui est le plus peuplé du monde arabe, concentre ses importations sur des denrées essentielles telles que le blé, l’huile de tournesol, le soja, ainsi que diverses légumineuses et autres produits. D’autres pays tels que l’Algérie, la Libye, le Kenya et la Tunisie figurent également parmi les principaux acheteurs, chacun avec des variations dans leurs volumes d’importation.
Il est à noter que les céréales, incluant le blé, l’orge et le maïs, représentent une part considérable des exportations russes, atteignant 87 % de leur valeur totale. Les huiles et les produits gras, ainsi que la viande et le poisson, complètent ce tableau commercial. La saison 2023/2024 a marqué un point culminant avec l’exportation de 21,2 millions de tonnes de blé vers les pays africains, ce qui constitue 38 % du total des exportations de blé russes. En comparaison, les volumes étaient de 17,6 millions de tonnes en 2022/2023 et de 10,6 millions de tonnes en 2021/2022.
Igor Pavensky, expert en analyse de marchés agricoles chez Rusagrotrans, a souligné l’importance croissante des pays africains dans les exportations de blé. De juillet 2024 à février 2025, ces nations ont importé 18 millions de tonnes de blé, avec une demande particulièrement forte provenant de pays comme l’Égypte, l’Algérie et le Kenya, mais également d’autres nations telles que le Nigeria et l’Éthiopie.
Cette dynamique d’importation est le résultat de plusieurs facteurs interconnectés. D’une part, les mauvaises récoltes de céréales dans certaines régions du Maghreb et d’Afrique subsaharienne ont créé un besoin urgent de s’approvisionner à l’étranger. D’autre part, la croissance démographique sur le continent augmente les besoins alimentaires. Parallèlement, le conflit en Ukraine a entraîné une perte des capacités de production et d’exportation de céréales, rendant les produits russes d’autant plus attractifs pour les pays africains en quête de sécurité alimentaire.
Ainsi, le paysage agroalimentaire en Afrique est en pleine mutation, avec une dépendance croissante vis-à-vis des importations russes. Ce phénomène ouvre la voie à des opportunités commerciales, mais soulève également des préoccupations quant à la durabilité et à la sécurité alimentaire à long terme sur le continent.
Tressy Chouente


