(lavoixdesentreprises.info) – La Cameroon Development Corporation (CDC) affiche une performance prometteuse en enregistrant 10 400 tonnes de bananes exportées au premier trimestre 2025, marquant ainsi une hausse significative de 35 % par rapport à l’année précédente.
La CDC, acteur majeur du secteur agroindustriel camerounais, a récemment annoncé avoir franchi la barre des 10 000 tonnes de bananes exportées durant le premier trimestre de l’année 2025. Ce volume, s’élevant à 10 400 tonnes, représente une progression notable de 35 % par rapport aux 7 712 tonnes exportées durant la même période en 2024. Cette dynamique réjouissante témoigne d’une reprise manifeste après une période difficile qui a débuté en juin 2020.
Au cours des cinq dernières années, les chiffres des exportations de la CDC ont connu des fluctuations importantes. Entre 2020 et 2024, l’entreprise a vu ses volumes culminer à un maximum de 7 712 tonnes au premier trimestre 2024, après avoir atteint un creux de 2 677 tonnes au quatrième trimestre 2020. En 2025, la CDC a réussi à maintenir un rythme mensuel moyen d’environ 3 000 tonnes, avec des résultats mensuels de 3 991 tonnes, 2 857 tonnes et 3 552 tonnes. Cependant, l’objectif de retrouver les niveaux d’exportation de 2018, où l’entreprise écoulait en moyenne 15 000 tonnes par trimestre, reste un défi à relever.
Cette amélioration des volumes d’exportation intervient à un moment où le gouvernement camerounais déploie des efforts considérables pour stabiliser financièrement la CDC, qui a été sévèrement affectée par une crise économique prolongée. En septembre 2022, un plan de redressement a été mis en place sous la direction du Premier ministre, visant à restaurer non seulement la situation financière de la CDC, mais aussi à relancer sa production et sa compétitivité. Ce plan a commencé à porter ses fruits fin décembre 2024, grâce à une opération de rachat de créances permettant d’assainir 20 milliards de FCFA de dettes, dont 15 milliards auprès de la Société Générale Cameroun et 5 milliards auprès de la Banque Atlantique Cameroun. Une seconde tranche de 15 milliards de FCFA est attendue pour 2025, offrant ainsi une bouffée d’oxygène supplémentaire à l’entreprise.
Pour mieux comprendre l’impact de cette situation, il est important de rappeler que la CDC est l’un des principaux acteurs de l’agro-industrie au Cameroun, se concentrant principalement sur la production de bananes, d’huile de palme et de caoutchouc. Cependant, l’entreprise a souffert des répercussions de la crise sociopolitique qui affecte les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016. Après avoir été retirée du registre des exportateurs de bananes pendant 18 mois, la CDC a été confrontée à des difficultés financières majeures, avec une dette s’élevant à environ 81,7 milliards de FCFA. Cette dette est composée de diverses charges, notamment 35,7 milliards FCFA de dettes salariales, 31 milliards FCFA de dettes fiscales et 24 milliards FCFA envers la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS). Ces difficultés ont engendré des tensions sociales au sein de l’entreprise et ont eu un impact direct sur ses revenus, qui ont chuté de 63,6 % en 2023, atteignant seulement 20 milliards FCFA, par rapport à près de 55 milliards FCFA avant le début de la crise.
Ainsi, bien que la CDC montre des signes encourageants de reprise avec la hausse de ses exportations de bananes, le chemin vers une stabilité durable et la récupération des niveaux d’exportation d’antan demeure semé d’embûches. Les efforts à long terme du gouvernement et la mise en œuvre efficace du plan de redressement seront cruciaux pour assurer l’avenir de cette entreprise emblématique de l’agro-industrie camerounaise.
Tressy Chouente


